Université de Bordeaux III

CENTRE D’ETUDE DES MEDIAS

Groupe de Recherche Expérimentale sur les Systèmes Informatisés de Communication (CRESIC)
Service Interuniversitaire de Coopération Documentaire (SICOD)

COLLOQUE
La Communication de l’Information Scientifique et Technique dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche : l’effet Renater/Internet

16-17-18 mars 1995

LES INFOROUTES, OBJECTIF OU TREMPLIN POUR LE DEVELOPPEMENT Lecture dans le Contexte Tunisien

Mokhtar Ben Henda

ISD Tunis / CEM-GRESIC, Bordeaux 3

INTRODUCTION :

S’il y a une vérité à retenir dans les méandres de l’univers INTERNET c’est l’expression de Robert E. Allen quant il exprime que les attentes de l’univers des Autoroutes de l’Information diffèrent d’un pays à un autre, d’un commerce à un autre, d’un foyer à un autre sachant qu’à travers le monde, sévit un sentiment d’excitation bien partagé à propos des attentes escomptées des nouvelles technologies naissantes sans pour autant avoir la moindre idée comment ces attentes seraient concrétisées.

En effet, s'il est vrai que le monde INTERNET devient progressivement un univers relativement démystifié pour un large public dans les pays développés, il n'en est pas autant même pour un public averti parmi lequel figure encore un grand nombre de techniciens et de chercheurs œuvrant dans les pays en voie de développement.

Si l'euphorie d'INTERNET et des autoroutes de l'Information implique une universalisation de ce monde virtuose de l'échange transparent et fluide des données, les opérateurs qui dictent son épanouissement et sa vulgarisation locales restent cependant tributaires d'un ensemble de facteurs socio-économiques, culturels, techniques et politiques très divers. Quand Thierry Bienfait cite le directeur de France Télécom Charles Rozmaryn qui préconise que les investissements nécessaires à la mise en place des autoroutes de l’information doivent " se faire au même rythme que le développement des services " offerts sur ces mêmes autoroutes, c’est en fait toute la réalité des pays en voie de développement qui est ciblée; réalité qui a connu les échecs des phénomènes non moins importants comme le dialogue Nord-Sud, le nouvel ordre international de l’information, le transfert de technologie ... tous ou presque régis par le mécanisme implicite de l’adoption des modèles importés .

Comme le démontrent les grandes stations de l'histoire de l'humanité, toute évolution industrielle ou technique est en fait tributaire de la confluence interactive d'un ensemble de catalyseurs locaux, généralement émanant des sphères décisionnelles de haute influence, qui préparent le contexte favorable à une métamorphose structurelle quelconque. La naissance du concept des autoroutes de l'information à dû elle même attendre l'intervention d'une autorité politique suprême, en l'occurrence son adoption par le gouvernement Clinton, pour prendre cette dimension universelle et devenir de la sorte un modèle exportable voire même imposable en l'absence d'alternatives locales adaptées.

Dans les remous de cette fièvre " épidémique " d'INTERNET, on assiste à des attitudes et des prises de positions multiples et diverses de la part des pays consommateurs de cette technologie. Beaucoup de pays développés, impliqués dans cette vague envahissante d'un modèle qui leur est en quelque sorte imposé, ont su faire face, non par rejet mais plutôt via un filtrage et une réadaptation de systèmes pour imprégner de leur propres valeurs un univers sous dominance essentiellement anglophone et particulièrement américaine. Les dispositions françaises dans ce sens s'observent, à titre d'exemple, à travers une série de mesures concrétisées entre autres par la politisation du dossier , les innombrables études de faisabilité pour l'introduction et la généralisation des autoroutes de l'information, le plus médiatisé étant le rapport de Gérard Théry présenté au premier Ministre Edouard Balladur en 1994, et d'autre part par la francisation des interfaces standard et l’enrichissement des produits nationaux en systèmes Interfaces Homme-Machine (Caméléon, Véronica, Calvacom ...) tous basés sur une adaptation linguistique de l'univers INTERNET aux caractéristiques de la langue française (accentuation, signes diacritiques...)

Dans les pays du sud, INTERNET est encore un embryon qui, en fonction du degré de développement, passe par des phases de métamorphoses à évolution accidentelle. Les sociétés en voie de développement offrent en réalité une mosaïque de situations hétérogènes dont les points communs sont l'instabilité des contextes favorables au développement, l'agencement inégal des secteurs de redressement économique, la sectorisation des projets de développement dans l'absence d'une stratégie intégrée de développement global et durable. Le secteur de l'information subit à double tors l’impact de deux facteurs déterminants; d’une part son abstraction conceptuelle comme étant un produit impalpable donc généralement dévalorisé par simple quantification sensorielle appliquée à tout produit de consommation, et d’autre part sa dépendance à l’égard des raffineries occidentales qui alimentent le monde en voie de développement en produits informationnels finis.

En partant de cette double inégalité annoncée dans le déploiement de l’infrastructure et la création des services sous INTERNET, l’objectif de ce papier est en fait une tentative de positionnement de l’expérience tunisienne dans cette progression vers l’intégration optimale au contexte universel du NET. Le sujet est développé du point de vue des réalisations accomplies et des interactions directes et indirectes que les opérateurs de développement socio-économiques et culturels locaux exercent sur son épanouissement ou son freinage.

I - LES ACQUIS TECHNOLOGIQUES DE BASE : UN TREMPLIN VERS LE NET

Selon la terminologie courante, autant commencer par préciser que la Tunisie est effectivement branchée. Des liaisons BITNET, INTERNET, UUCP, FIDONET et OSI ont marqué l’évolution de l’ouverture de la Tunisie sur le monde des réseaux mondiaux. L’aboutissement à cet état de fait est en réalité le couronnement d’une série de reformes de longue durée visant l’amélioration du contexte institutionnel et de l’infrastructure de communication déployée.

Le contexte tunisien en matière de télécommunications et de recherche est actuellement défini en fonction des grandeurs infra et superstructurelles suivantes.

1.1 LE CONTEXTE COMMUNICATIF TUNISIEN

1.1.1 LA CONNECTIQUE ET LA COMMUTATION

a) Téléphonie

Après l’expérience du réseau télégraphique qui date depuis 1848, le premier réseau téléphonique en Tunisie a été mis en place en 1891. On récence actuellement en Tunisie environ 200 centres de commutation desservant plus de 400.000 abonnés . Les statistiques de l’année 1993 rapportent une moyenne de 4,3 lignes téléphoniques par 100 habitants.

Etant donnée l’importance que requiert le réseau téléphonique dans toutes les formes de liaisons à distance, la politique nationale en matière de télécommunications ne cesse de consolider ce secteur stratégique qui évolue progressivement vers les nouvelles formes de supports sophistiqués.

A ne citer dans ce cadre que les toutes dernières démarches du Ministère des Communications qui par appels d’offres internationaux a conclu une série de marchés avec des sociétés internationales pour l’acquisition d’une nouvelle infrastructure de télécommunications.

En octobre 1994, un marché de 10 million de dollars, conclu avec la société japonaise Mitsubitshi, prévoit l’acquisition des équipements suivants :

- 309 kilomètres de câbles de fibres optiques numériques dotés de tous les équipements électroniques qui serviront à concrétiser le projet RNIS dont des détails suivront dans les chapitres suivants.

- 13 connexions de faisceaux hertziens numériques qui seront utilisés pour assurer le fonctionnement du réseau de transmission et faciliter le mouvement téléphonique en cas de pannes de connexions de base,

- 2 connexions typiques pour la formation,

- des équipements pour la mesure, l’exploitation, la maintenance et les pièces de rechange.

Le ministère des communications avait également conclu le 7 octobre 1994, à la suite d’un appel d’offre international, un marché de 6 million de dollars avec la société française " TRT " pour l’acquisition d’appareils numériques pour la transmission téléphonique par l’intermédiaire de faisceaux hertziens. Ce marché porte sur 32 connexions de faisceaux hertziens ainsi que des appareils de mesure et des pièces de rechange.

Le 17 septembre 1994, le ministère des communication a également conclu un marché avec le groupe français " Alcatel " pour l’installation de 80.500 nouvelles lignes téléphoniques au niveau des centraux téléphoniques. Un million de nouvelles lignes sont prévues dans le VIIIème plan quinquennal .

En terme de télécommunications lourdes, la Tunisie dispose actuellement de 5 câbles sous-marins qui la relient à la France et à l’Italie, 1 station satellite INTELSAT, 1 station ARABSAT avec station de contrôle de secours, des câbles coaxiaux vers l'Algérie et la Libye, des relais hertziens vers l’Algérie et la Libye.

L’enrichissement progressif de ce parc des télécoms a en réalité engendré une nouvelle forme de communication : la transmission électronique des données. En 1979 on a pu assister aux premiers essais de transmission électronique de données entre les grandes sociétés et les services centraux de l'administration moyennant les lignes spécialisées. On compte actuellement environ 2.000 circuits spécialisés concentrés en majorité dans la ville de Tunis avec un taux d’accroissement évolutif de l’ordre de 250 raccordements annuels .

b) Réseau de données à commutation de circuit

Le réseau de transmission de données prend alors forme pour répondre aux exigences des forts trafics de données grâce aux recommandations X20 et X21 du CCITT. Ce réseau a été mis en place en 1984 autour d'un commutateur électronique (EDX) avec une capacité de 1.000 abonnées par 134 circuits dans la région de Tunis. Les zones intérieures du pays ont été raccordées sur des concentrateurs d'une capacité de 500 abonnées reliés au commutateur central par 90 circuits.

c) Réseau de données à commutation par paquets

A la veille du VII plan quinquennal de développement (1987-1991), et plus précisément en octobre 1986, le Ministère des communications a mis en place, en collaboration avec le Centre National de l'Informatique, le premier réseau expérimental de transmission de données à commutation par paquets selon la norme X25 du CCITT. C'était la naissance du réseau expérimental IBIRSINET qui à partir de 1991 entrait dans une phase d'exploitation effective sous l'effigie de TUNIPAC.

1.1.2 TUNIPAC : UN RESEAU NATIONAL DE TRANSMISSION DE DONNEES

a) Présentation :

Le savoir faire et l'expertise acquis avec le réseau expérimental IBIRSINET en matière de transmission de données, l'appui et l'exigence du pouvoir politique ont donné naissance à une nouvelle structure d'un réseau de transmission de données. Ce dernier utilise les mêmes techniques que son prédécesseur, notamment la technique de commutation de paquets conforme au standard X25.

Disponible aux abonnés depuis le quatrième trimestre de l'année 1991 avec plus que 1500 accès, TUNIPAC a été bâti pour répondre à l'évolution du nombre d'utilisateurs qui s'intéressent davantage aux transmissions de données via les réseaux d'ordinateurs.

Cette capacité d'accès plus au moins modeste, connaîtra selon les responsables du réseau, dans les délais les plus brefs, une extension qui va en parallèle avec l'augmentation du nombre des demandes en instances. Ce dernier est recensé en Mai 1994 dans les environs de 300 demandes. En fait la capacité du réseau sera de 4500 accès dans une deuxième phase d’évolution.

b) Objectifs :

La mise en service de TUNIPAC renferme plusieurs objectifs qui sont de vrais arguments pour l'implantation d'un RNTD, à savoir :

- Encouragement de l'initiative privée dans le secteur des services avec la tendance de privatisation de certains services d'où la création de complexes et centres privés de télécommunications.

- Renforcement de la formation et de la recherche : d'une part, pour promouvoir le secteur de télécommunications en Tunisie notamment les travaux menés par :

* L'Ecole Supérieure des Postes et des Télécommunications pour la formation d’ingénieurs spécialistes en réseaux de transmission de données.

* La Direction Générale des Télécommunications dans le cadre d'intégration de concepteurs d'applications informatiques.

* L'Institut Régional des Sciences Informatiques et des Télécommunications concepteur d'applications exploitables sur réseaux de transmission de données, notamment le système vidéotex ALIFCOM.

* Le Centre National de l'Informatique dans le cadre de réalisation de système de messagerie AFRIMAIL conforme au standard X400 du CCITT.

* L'Institut National de Normalisation et de Propriété Industrielle dans le cadre des travaux menés par le groupe 2 de la commission technique 73 portant sur les systèmes OSI et les normes ASMO.

- Amélioration des conditions de recherche et de diffusion de l'information scientifique et technique.

- Diffusion plus large de l'informatique et le renforcement de l'ère de l'informatique répartie.

- Accès facile et peu coûteux, vu la transparence de connexion qu'offre le réseau et la base de tarification des services ajoutant la spécificité de l'équation de taux d'activité de TUNIPAC.

- Accroissement des services rendus aux usagers par :

L'adaptation à la grande diversité de systèmes et d'applications qui permet l'interconnexion des systèmes hétérogènes.

Une meilleure utilisation des supports de transmission grâce aux techniques de routage, ainsi qu'à l'optimisation d'utilisation du RTC, du réseau télex et l'intégration d'autres modes d'accès notamment l'accès vidéotex.

Le service de commutation de paquets qui offre de très hautes garanties de performances et de sécurité.

c) Vitesse de transmission :

La vitesse de transmission varie actuellement entre 50 bauds et 9.600 bauds avec possibilité d’extension jusqu’à 19.200 bauds par compression au niveau des modems. Selon les responsables du réseau, la vitesse de transmission connaîtra bientôt une extension. Elle atteindra dans un premier temps les 64 Kbits/s et 2 Mbits/s dans le second pour les accès X25. Elle connaîtra aussi l'extension du débit des accès X28 RTC, qui passera à l'heure actuelle de 2400 à 4800 pour atteindre les 9600 bits/s.

d) Les services d’accès :

Le RNTD offre une large gamme de services d'accès regroupés autour de deux groupes principaux.

Accès directs :

Ce type d'accès est assuré par une ou plusieurs liaison(s) dédiée(s) 2 ou 4 fils. En fait, l'équipement informatique de l'abonné, qui peut être dans ce cas un simple micro-ordinateur, un site informatique ou encore un terminal ; est relié directement à l'un des commutateurs de TUNIPAC. Depuis lors, le bénéficiaire disposera d'un lien permanent à TUNIPAC. Une liaison qui peut être synchrone ou asynchrone d'où l’on parle d' :

Accès direct synchrone : Appelé aussi accès X25. En fait, c'est la gamme spécifique aux ETTD(s) (micro-ordinateurs, site informatique) en mode paquets ; à des vitesses qui varient entre 2400 bits/s et 9600 bits/s.

Accès direct asynchrone : Cet accès, spécifique aux ETTD(s) en mode caractères, est assuré grâce au protocole X28 à un débit de 1200 bits/s. Ce type d’accès est assuré aux bénéficiaires de TUNIPAC grâce aux services du PAD, autrement dit, les protocoles X3, X28 et X29 ; qui permettent aux ETTD(s) X28 de communiquer avec des ETTD(s) X25. D'où l’on parle de conversion du mode caractères en mode paquets aux sorties des ETTD(s) asynchrones et vice versa en entrée.

Accès indirects :

Quand on parle d'accès indirect à TUNIPAC, on évoque la notion de banalisation et de divulgation des modes et des moyens d'accès au RNTD. En effet, l’accès TUNIPAC est possible sans obligation de s'y connecter moyennant une liaison dédiée. Le réseau public commuté offre cette occasion grâce aux protocoles X32 et X28 du CCITT.

Dans ce groupe, on distingue deux modes d'accès :

Un accès indirect synchrone via le réseau téléphonique commuté assuré par la recommandation X32. Le type de modem pour ce genre d'accès détermine le débit binaire de transmission. Ce dernier est actuellement de 2400 bits/s sur TUNIPAC.

Un accès indirect asynchrone à travers le réseau téléphonique commuté assurée par le protocole X28 du CCITT à une vitesse de 300 et 1200 bits/s ; de même par le réseau télex mais à une vitesse moins performante de l'ordre de 50 bits/s. L'accès indirect asynchrone profite bien évidemment des services du PAD.

Dans les deux cas de figure, la vitesse d'accès et la notion de multiplexage, sont déterminées par les performances qu'offre le modem de l'abonné qui doit obéir aux recommandations du CCITT déjà mentionnées.

Accès vidéotex :

Cet accès est réalisable en deux modes ; soit direct en asynchrone à une vitesse de 1200 bits/s, d'où on parle d'accès X28 vidéotex ; soit indirect et toujours en asynchrone à une vitesse de 300 et 1200 bits/s, d'où on parle d'accès X28 RTC.

L'essentiel pour ce genre d'accès, c'est qu'il nécessite un matériel complémentaire aux commutateurs du réseau, qui jouera le rôle d'interface d'accès entre les terminaux vidéotex et le réseau TUNIPAC. En fait, il s’agit des Points d'Accès Vidéotex Intermédiaires (PAVI).

Autres services d'accès :

Accès à l'international : Grâce aux NTI de Paris et de Rome via les passerelles X75, TUNIPAC offre à sa clientèle la possibilité d'accès à l'international. Actuellement ces accès sont axés sur les pays occidentaux (Europe, Amérique du nord, Japon). Des études sont en vigueurs afin de réaliser et de mettre en œuvre des NTI(s) orientés principalement vers les pays arabes.

TUNIPAC supporte éventuellement d'autres protocoles d'accès tels que le SDLC , SNA, le BCS et bientôt les protocoles Frame Relay et ATM; témoignant ainsi de sa capacité pour l'interconnexion des systèmes ouverts d'architectures et de topologies variées; ainsi que de sa modularité quand il s'agit d'adoption de divers protocoles.

e) Les abonnés sur TUNIPAC :

Le nombre d’abonnés sur TUNIPAC a passé de 154 en 1992 à 181 au début de l'année 1993, pour atteindre les 335 liaisons d'abonnés opérationnelles à la fin de ladite année et en Mai 1994 les liaisons opérationnelles sont au nombre de 414 liaisons.

Répartition des abonnés TUNIPAC par domaines

DOMAINES

N.d'abonnés

P.T.T

34

INDUSTRIE

37

ADMINISTRATION

53

Informatique Télécom.

16

SERVICES

82

COMMERCE

34

TRANSIT

113

BANQUE

26

PRESSE

2

Recherches scientifiques

11

ENSEIGNEMENT

3

S.I.D

2

RADIO DIFFUSION

1

TOTAL

414

 

Il est difficile d'établir une comparaison entre les abonnés de TUNIPAC sauf évidement pour certains cas du fait que ces abonnés arrivent à un certain équilibre de performance avec une mince différence entre l'investigation pour plus de voies logiques et l'investigation pour une vitesse de transmission plus performante. Toutefois, c'est au niveau du nombre des abonnés directs via les liaisons dédiées X25 et ceux connectés à TUNIPAC en X28 RTC que la différence est pertinente. Notons bien que de ce fait les abonnés indirects se trouvent dénués d'une gamme complète de performances du réseau X25 en matière de vitesse de transmission et du nombre de voies logiques.

Il est toutefois possible de tirer quelques conclusions :

Il est évident que ces tableaux démontrent que les secteurs qui expriment une aptitude positive quant à l'adoption d'une telle technologie de communications et qui ont déjà pris l'initiative, sont les secteurs les plus stratégiques dans le pays. Ces derniers, s'ils ne sont pas ordonnés par l'État, c'est la nécessité impérieuse qui a fait qu'ils ont eu recours à TUNIPAC. Cependant, on ne peut pas ignorer la présence bien que modeste d’autres secteurs tels que celui de la recherche scientifique et des sciences de l'information dont le nombre connaîtra sûrement une émergence avec le nouveau projet du Réseau National de la Recherche et de la Technologie (R.N.R.T) qui repose sur la consolidation des établissements universitaires, des institutions de recherches et de documentation.

L'investigation dans les réseaux de transmission de données n'est pas à son terme puisque la plupart des abonnés se limitent à de faibles performances du réseau. Depuis lors, il serait difficile de parler de satisfaction quant aux prestations exploitées sur le réseau.

Le plus intéressant dans tout cela, d'après l'étude des dossiers des abonnés, c'est que dans certains domaines d'activité une notion de réseau spécialisé d'activité vient de naître peu à peu. Autrement dit, les institutions souches ou mères ne se contentent pas seulement de s'abonner à TUNIPAC mais de généraliser l'abonnement à toutes les institutions sous leurs tutelles. En fait, ces réseaux spécialisés d'activité bâtis autour de TUNIPAC sont aujourd'hui au nombre de 17.

Cette notion a permis de mettre en évidence les applications en exploitation sur ces réseaux et qui sont en général : la messagerie, le transfert de fichiers et l'interrogation des banques de donnés; des applications dont des détails viendront plus loin dans ce document.

1.1.3 RNIS

La technologie RNIS prend chaque jour de l’ampleur dans plusieurs pays, ce qui donne naissance à un contexte d’un RNIS universel. En 1991 un projet a vu le jour en Europe pour l'interconnexion de NUMERIS, le RNIS français, à la plupart des RNIS des pays européens dont l’Italie pour s'étendre ensuite à des connexions avec des RNIS(s) dans d’autres pays notamment le Japon, Hong Kong, Singapour; les États Unies d'Amérique et l’Australie.

La phase la plus sensible de ce projet consiste en la réalisation du réseau mondial de télécommunications GNP (Global Networking Project) () pour l'installation de câbles sous-marins en fibres optiques intercontinentaux. Ce projet inauguré en 1992 était précédé par des installations sous-marines entre 1988 et 1991. Il s'agit de deux câbles transatlantiques qui établissent la liaison de deux pays européens, la France et la Grande Bretagne, avec les Etats Unies d'Amérique. D’autre part, un câble en fibres optiques relie à partir de l'Italie, les pays occidentaux aux pays du bassin méditerranéen cotés européen et proche-oriental. Les années 1995-1996 seront caractérisées par l'installation d'un câble transpacifique en configuration boucle.

Dans ce cadre, il est intéressant de mentionner l'installation en cours de mise en œuvre d'un câble sous-marin de 17.800 km de fibres optiques entre l'Italie et Singapour. Il permettra de relier entre eux les pays de l'Est et de l'Ouest, ainsi que les pays d'Afrique essentiellement ceux de l’Afrique du Nord. En Mars 1994 des travaux ont été, en fait, déjà entamés pour l'installation d'un câble sous-marin en fibres optique tuniso-italien. Ce câble réalisera la liaison entre non seulement la Tunisie et l'Italie, mais aussi avec les RNIS(s) des autres pays européens, asiatiques, américains et même australiens. Il représente une performante capacité de 30.000 accès dont 3.000 seront exclusivement réservés à la transmission de données. Sur un plan régional, des études sont également en cours pour l'élaboration d’un transmaghrébin en fibre optique.

1.2 LES SERVICES TELEMATIQUES ACTUELS EN TUNISIE

En présence de cette infrastructure de communication en évolution continue, le développement parallèle du secteur informatique tunisien à favorisé la genèse d’une série d’activités télématiques dont les plus importantes sont traitées ci-après.

1.2.1 L'ACCES AUX BANQUES DE DONNEES DISTANTES :

Cette application prend forme sur TUNIPAC avec le développement des banques et bases de données nationales pratiquement textuelles, de type factuelles et bibliographiques. Toute fois, l'évolution de cette application au niveau national est dépendante, dans un premier temps du nombre de bases et banques de données regroupées sur TUNIPAC et dans un deuxième temps de leurs pertinences et taux d'activité ainsi que du nombre de la clientèle qui s'y intéresse. Ces conditions font malheureusement encore défaut en raison d’une infrastructure nationale limitée d’une part en banques de données grand public exploitables sur le RNTD, et d'autre part en équipement vidéotex, puisque ce dernier est considéré comme un média grand public pour la vulgarisation de la recherche en ligne.

1.2.2 LE TRANSFERT DE FICHIERS :

Actuellement cette application est réalisable sur TUNIPAC dans les limites des données textuelles et/ou chiffrées. Cette situation s'explique par la vitesse de transmission maximale en vigueur limitée à 9600 bits/s, limite qui n'est pas en mesure d'assurer un transfert de fichiers de données d’autres types (image, son...). Ces derniers types, ne peuvent être en fait transférés convenablement en format numérique qu'avec une vitesse minimum de 19.000 bits/s. Avec l’avènement des applications multimédias, cette barre est haussée à un minimum de 64 Kbits/s. Cela n'exclut cependant pas l'intégration de l’aspect multimédia avec l'optimisation des performances de vitesse de transmission par l'adoption des protocoles ATM et FR dans l’environnement TUNIPAC sans toutefois oublier les atouts vitesse et synchronisation du futur RNIS tunisien.

1.2.3 LE COURRIER ELECTRONIQUE :

Au niveau national cette application est exploitable sur TUNIPAC, notamment sur quelques services vidéotex. L'important dans ce contexte, sont les essaies du projet AFRIMAIL, entrepris par le CNI en vue de concevoir un modèle de messagerie électronique conforme au modèle X.400 dans une version arabisée.

A un niveau international, les liaisons BITNET et INTERNET de l’IRSIT l’établissent comme centre serveur national pour une messagerie universelle.

1.2.4 LES GROUPES DE DISCUSSION :

Sur TUNIPAC, l'IRSIT est le plus important si ce n'est le seul opérateur qui exploite cette application avec des opérateurs étrangers.

1.3 LES RESEAUX DE RECHERCHE

L’émergence de ces nouvelles formes de communication et d’échange de l’information a engendré un accroissement des exigences des utilisateurs de l’information scientifique et technique parmi lesquels entre en scène la communauté de la recherche. Avec l’extension de ce domaine surtout dans le milieu universitaire, le contexte national exigeait la multiplication des ressources et des prestations de services informationnels. Une nouvelle dimension en matière de sources d’IST caractérise depuis lors l’expérience tunisienne à échelles nationale, régionale et internationale.

1.3.1 LE VOLET NATIONAL

L’orientation à porté sur un ensemble d’alternatives nationales qui visent la satisfaction d’une partie des besoins des chercheurs en information scientifique et technique.

a) DIDON : Le réseau vidéotex tunisien

DIDON demeure depuis sa création en 1989 un modeste noyau expérimental d’un réseau vidéotex paralysé par sa modeste infrastructure et l’opposition à la commercialisation de ses services. Parmi les services grand public il permet l’accès aux ressources suivants :

Les banques de données du Centre National Universitaire de Documentation Scientifique et Technique (CNUDST).

ACTEL : un service de l'Agence Commerciale des Télécommunications, qui assure la commercialisation des prestations de télécommunications offertes par les services des postes.

ANTEL : c'est le service d'annuaire électronique élaboré par le ministère des télécommunications au profit des centres des renseignements téléphoniques "service 12".

POSTE : un service vidéotex des PTT(s), permettant l'interrogation par mot clé ou par recherche arborescente des informations sur les prestations offertes par les bureaux des postes. Une version arabisée du service POSTE est disponible mais elle n'est pas encore opérationnelle.

METEO : c'est tout simplement un service de données météorologiques, élaboré par l'Institut National de Météorologie et

INFOTEL : une application vidéotex élaborée en version expérimentale par le Centre National de l'Informatique la consultation d'une base de données factuelles relatives à l'informatique en Tunisie.

b) Autres prestations :

La connexion des divers opérateurs à TUNIPAC était une nécessité exprimée en vue d'améliorer l'infrastructure de communication des données et augmenter de la sorte le taux de rentabilité de leurs activités. Juste à titre de référence, ces prestations en cours d’exploitation sur TUNIPAC sont :

INSAF : INformatisation du Système Administratif et Financier du Personnel de l'Etat est un système de gestion administrative, d'ordonnancement et de paie du personnel de l'Etat.

SINDA : Système d'INformation Douanier Automatisé opérationnel depuis 1982 en faveur des bureaux de douane des commerçants et des transitaires via le RTC. Ce système a trouvé dans TUNIPAC le support convenable pour la maîtrise et la généralisation de cette application. Il permet le traitement automatique de toute les opérations de dédouanement.

ADEB : C'est un système d'Aide à la DEcision Budgétaire conçu et réalisé par le Centre Informatique des Ministères du Plan et des Finances (CIMPF) en collaboration avec le CNI, pour le compte du premier ministère et du ministère des finances. Il permet la gestion des comptes budgétaires et la planification des opérations de dépenses de l’administration. Bref, c'est un système inter-administratif exploité, selon les ingénieurs du CIMPF, sur des liaisons spécialisées ainsi que via le réseau TUNIPAC ; dans tous les départements ministériels et dans 16 gouverneras.

RAFIC : Rationalisation de l'Action FIscale et Comptable, est un système de gestion d'information spécialisée élaboré conjointement par le CNI et le ministère des finances. Il permet la gestion du système des impôts et la comptabilité publique. Comme le système ADEB, RAFIC est exploitable sur des liaisons spécialisées et via le réseau TUNIPAC. Il est actuellement opérationnel dans 16 gouverneras

EAO à distance : Dans le cadre de la coopération tuniso-française, le Centre National de l'Informatique a organisé pour la première fois conjointement avec l'Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules l'IN2P3 (France), l'IRSIT et la faculté des sciences de Tunis, une école d'informatique du 22 Juin au 4 Juillet 1992. Cette école consiste à l'installation de quatre sites de démonstrations et d'applications informatiques et télématiques (messagerie et transfert de fichiers) au CNI à l'image des laboratoires de l'IN2P3 en France. Des connexions avec des réseaux étrangers ont été réalisées via TUNIPAC. La réussite de l'école a donné lieu à des accords qui exigent de reprendre l'expérience annuellement et alternativement en Tunisie et en France.

c) Le Réseau National de la Recherche et de la Technologie

Le RNRT est un projet en phase de réalisation, entrepris par l’IRSIT, sous le haut patronat du Secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique et Technique.

L’objectif essentiel du RNRT vise la promotion de la recherche scientifique et technique par la création d’un environnement et d’une infrastructure télématiques nécessaires pour établir un contexte de relations et un système d'échange d'information entre les universitaires et chercheurs tunisiens d’une part ainsi qu’avec d'éventuels chercheurs étrangers d’autre part. Le RNRT devrait offrir toute information susceptible d’identifier la communauté et l'environnement scientifique et technique tunisien ainsi que des données bibliographiques sur les fonds des bibliothèques de recherche les plus importantes du pays.

Le réseau repose sur l'impact des technologies développées de l'information en l'occurrence l'informatique, les télécommunications et les réseaux spécialisés ; afin de mettre à la disposition de la communauté intellectuelle nationale des formes de communication et d'échange et de diffusion d'information, souples et efficaces.

Le RNRT est bâti autour du réseau TUNIPAC qui lui permet de tirer profit de l’impact des technologies nouvelles de communication afin de garantir une extension aisée au niveau national et permet l’ouverture sur des ressources d’information étrangères. Dans cette optique, le RNRT dispose déjà d'accès à EARN, BITNET et INTERNET. Il constitue en outre l’un des noeuds du domaine tunisien TN sous INTERNET. Le RNRT n'exclut cependant pas des accès par RTC ou par liaisons spécialisées entre un site de recherche et un nœud du réseau.

Du point de vue services, le réseau permettre aux chercheurs de communiquer et de profiter de l'information grâce aux systèmes de messagerie électronique, les groupes de discussion et l'accès à des bases et banques de données spécialisées et d'information grand public. Ces applications assurent en fait des passerelles à des ressources et serveurs étrangers puisqu’elles obéissent aux protocoles TCP/IP.

1.3.2 LE VOLET REGIONAL

Les projets de réseaux régionaux auxquels la Tunisie à contribué n’ont malheureusement pas encore abouti à un produit concret. Parmi ces expériences se distinguent cependant les expériences suivantes :

a) Arab Scientific and Technical Information Network (ASTINET)

ASTINET est le réseau arabe d'information scientifique et technique conçu initialement pour la mise en place d'une structure arabe capable d'assurer le fonctionnement d’un système arabe d'échange de l'information scientifique et technique. Afin de concrétiser cet objectif, le réseau a opté pour des méthodes très avancés de transmission de données. Le choix a porté sur les systèmes de messageries électroniques, la création de bases et banques de données ainsi que sur la mise en place d'un système de conférence électronique dans une phase plus avancée de l'activité du réseau. La priorité à court terme était déjà celle réaliser une base de données de contrôle bibliographique pour recenser la production intellectuelle arabe.

ASTINET était prévu, au début de sa conception, pour être un résultat cumulatif de la mise en place de trois réseaux régionaux, en l’occurrence Gulfnet, Mashreknet et Maghrebnet regroupant les pays arabes du Moyen Orient, du Proche Orient et du Grand Maghreb respectivement. Par l’installation d’une assise de télécommunications orientée vers la transmission des données au niveau de chaque regroupement régional, une convergence vers un réseau arabe de transmission de données pourrait alors être accomplie.

Dans ce cadre l'IRSIT a déjà pris l’initiative d’établir des connexions à deux sites informatiques au Grand Maghreb Arabe l’un à l'Ecole Mohammedia au Maroc et l’autre au Centre de Recherche sur l'Information Scientifique et Technique (CERIST ) en Algérie.

b) Arab Information System NETwork

Suite aux recommandations du " Premier Séminaire International de l’Information " tenu au Caire durant le 13, 14 et 15 décembre 1982, la création d’ARISNET a été proposé durant le séminaire organisé par l’ALDOC et tenu à Tunis entre le 8 et le 12 juin 1987. Il constituait une autre aspiration vers la création d’un réseau arabe unifié dans le domaine de la gestion de l’information. La contribution de la Tunisie qui abritait les locaux de la ligue arabe et de son centre de documentation (ALDOC), ont largement marqué l’avancement des travaux de réalisation des modalités de travail au sein du réseau. Des ateliers de formation périodiques étaient également organisés au profit des partenaires nationaux dans tous les pays arabes.

Après le déplacement de l’ALDOC en Egypte, et pour des raisons de coordination le projet ARISNET est actuellement en collimateur pour un temps indéterminé.

1.3.3 LE VOLET INTERNATIONAL

Le volet international a été en réalité une nécessité plutôt qu’un choix vu l’effervescence que connaît le contexte universel en matière de services et produits d’information scientifique et technique.

a) EUropean NETwork (EUNET)

L’affiliation de la Tunisie au groupement EurOpen constituait un premier grand pas vers l’ouverture sur les réseaux internationaux puisque la Tunisie s’est immédiatement trouvée branchée sur le réseau européen EUNET (European network) qui constitue le groupe technique d’EurOpen chargé du fonctionnement et de l’exploitation d’INTERNET en Europe.

b) European Academic and Research Network (EARN)

L’expérience avec EUNET a ouvert le chemin vers d’autres expériences d’envergure internationale dont la connexion sur EARN. EARN est le réseau européen qui relie entre eux, les sites informatiques des universités et des centres de recherche européens. Son objectif est la mise en place d’un environnement favorable à l'échange et la diffusion de l'information entre les opérateurs scientifiques et techniques.

Ce réseau profite des liaisons avec BITNET et NETNORTH, de telle sorte que les trois réseaux constituent un environnement international qui regroupe plus que 4.000 ordinateurs de tout genre. Des passerelles permettent à EARN de se connecter à d'autres réseaux dont EUNET et INTERNET.

L’intérêt à cette alternative européenne, créée en 1984 au CERN à Genève, "a commencé en 1986 par l’obtention, par l'IRSIT, d'un compte sur l'ordinateur du CNUSC (Centre National Universitaire Sud de Calcul) à Montpellier". C'est en 1990 que la Tunisie intègre le réseau EARN comme premier centre serveur africain connecté par liaison X25, l'IRSIT au CNUSC. TNEARN est devenu le nœud national tunisien accessible via le réseau public TUNIPAC ou le RTC reliant directement.

Au niveau services, TNEARN profite de toute la gamme offerte par EARN, du simple message interactif à la mise en oeuvre d'un système de conférence électronique. L'ensemble de ces services est mis à la disposition des chercheurs et scientifiques tunisiens d'une part ; et d'autre part entre chercheurs tunisiens et étrangers afin de communiquer entre eux et créer un nouvel environnement plus souple pour l'échange et la diffusion de l'information scientifique et technique.

c) Le Réseau de Développement Durable (RDD)

Le RDD (SDN) est l'un des programmes planifiés par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour prendre une dimension internationale, adopté et implanté dans les pays en développement. Bref, le RDD est un projet télématique qui vise d'apporter aide et de renforcer la planification du développement socio-économique et humain dans ces pays par l’intermédiaire de la "dissémination et l'échange de l'information pertinente auprès des intervenants concernés".

La Tunisie, un pays à la fois concerné et intéressé par la portée de ce projet, a entamé le développement d'un site RDD depuis juillet 1993 sous contrôle du Secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique et Technique (SERST). L'Institut Régional des Sciences Informatique et des Télécommunications (IRSIT) est chargé de l'exécution du planning de l'implantation du réseau. L’année 1995 est la date prévue au lancement de ce projet dont l’un des objectifs est de "mettre en place un moyen de communication électronique fiable et rapide qui permettra aux ONG(s), aux secteurs privés, au gouvernement et aux chercheurs d'intervenir dans le processus de développement en vue d'assurer un développement humain durable en Tunisie".

Sur un plan technique, et dans la perspective d’assurer d’une part une couverture géographique maximale et d’autre part une desserte exhaustive aux partenaires du projet, le RDD adopte les technologies X25 et TCP/IP des systèmes ouverts. Dans ce cadre l'exploitation de l'infrastructure TUNIPAC est de grand apport en matière de gain de temps et d'argent pour l'implantation du RDD. De plus, l'alliance prévue du RDD avec le réseau RNRT permettra aux partenaires RDD de profiter des nœuds IP et des liaisons internationales du RNRT.

II - LA TUNISIE SUR LES AUTOROUTES DE L'INFORMATION : DEMARRAGE TIMIDE ET PROBLEMES EN COURS DE ROUTE

Sur ce point, la discussion des partenaires réels et potentiels du contexte INTERNET tunisien prend deux chemin différents : d’une part, une caste d’informaticiens aguerris par un défi téléinformatique à relever, en l’occurrence la maîtrise d’une nouvelle technologie envahissante, et d’autre part un milieu de recherche avide de produits solides, fiables et instantanés qui réclame la création et l’accès à des ressources réelles. Ces deux aspects constituent en fait l’enjeu fondamental de la communauté de recherche dans un premier stade et ensuite la société entière dans une phase plus avancée.

2.1 - LA STRUCTURE D'ABORD

TuNisian network

Grâce aux efforts du groupe tunisien des utilisateurs d'UNIX TNUUG (TNusian UNIX Users Group) la Tunisie a profité en 1991 de sa première connexion IP (INTERNET Protocol), baptisée en 1992 sous le pseudonyme TNnet . TNnet est donc le domaine INTERNET tunisien hébergé à l’IRSIT et dont la connexion à EUNET est assurée via le réseau public X25.

Au sein de ce domaine TN se développent des sous domaines dont le domaine RSINET qui doit définir l'environnement tunisien en matière de recherche scientifique et technique. Ainsi donc l’adresse de ce nœud est identifiable sur le réseau INTERNET par le suffixe @SPIKY.RSINET.TN (SPIKY étant le nom de la machine de transit sur le NET) également reconnue par le numéro d’adresse IP, soit le 192.68.138.10.

TNnet offre toutes les modalités d'échange et de diffusion de l'information exploitées sur INTERNET. Ces modalités obéissent donc aux mêmes protocoles de sorte qu'ils permettent de profiter et de naviguer dans plusieurs sources d'information appartenant à INTERNET. A son tour, TNnet contribue à l’enrichissement de l'environnement INTERNET par la gestion du domaine TN en créant des services grand public dont certains seront cités ci-après.

2.2 - LES SERVICES ET LES PRODUITS

Le volet ressources constitue en fait une phase d’empiétement dans la genèse d’un environnement INTERNET de haut niveau. En effet, si le branchement sur INTERNET pourrait toujours s’effectuer moyennant une voie d’accès de largeur adéquate, de " pompage " des ressources de navigation (FTP, TELNET, MOSAIC, W3, GOPHER, ARCHIE ...) sur les sites distants, il n’est pas aussi évident de concevoir ses propres produits accessibles par la communauté INTERNET entière.

Sont définis ci-après quelques uns de ces outils et produits qui caractérisent le domaine TN tunisien.

2.2.1 GOPHER :

Dans ce nouveau contexte national, les projets déjà en place et ceux en cours de réalisation, en l'occurrence le TNnet, et les noeuds IP du projet RNRT, forment le support adéquat pour l'installation de serveurs GOPHER. Ce dernier commence déjà à prendre forme par la conception d’un GOPHER espace tunisien enrichi périodiquement par la création de banques d'information portant sur le pays et plus spécifiquement traitant de l'environnement économique, scientifique, technique et culturel en Tunisie.

2.2.2 World-Wide-Web

Le World-Wide-Web (ou W3) est un système de recherche d'information, non seulement en hypertexte mais aussi en hypermédia car WWW supporte outre les données textuelles tout ce qui est son et image. Un interface WEB tunisienne est en cours de conception par l’équipe de travail de l’IRSIT. Son exploitation est prévue vers la fin de 1995.

2.2.3 WHOIS

C'est un serveur INTERNET qui offre un répertoire des utilisateurs du réseau. Chaque serveur WHOIS est chargé de cette tâche d’identification, en définissant le nœud où il est hébergé. En fait, il devrait renfermer une information concernant les adresses réseau et postales des correspondants appartenant au nœud ; d'autres se rapportant sur les responsables, les domaines qu'il gère et les différents sites qui y sont connectés. Un serveur WHOIS tunisien est déjà opérationnel pour recenser les activités et les autorités de recherche tunisiennes.

CONCLUSION :

Les tentations de définir des réseaux de recherche et des produits d’information autours des nouveaux supports numériques fiables à la transmission de données (le cas des réseaux publics X25 et RNIS) dénote en réalité d’une détermination nationale pour assumer les exigences des plans de développement durable basés essentiellement sur l’information scientifique et technique que le potentiel de telles technologies d'une manière générale permet de garantir. " En effet, l'infrastructure tunisienne en matière de réseaux spécialisés et de services à valeurs ajoutées se renforce de jour en jour grâce aux projets qui sont en cours de réalisation. C'est un enjeu stratégique qui favorise un environnement optimal pour la diffusion de l'information tant au niveau national qu'international; un enjeu auquel plusieurs opérateurs devraient contribuer en particulier les spécialistes de l'information ".

III - LES AUTOROUTES DANS UN CADRE GEOGRAPHIQUE RESTREINT

Le trafic sur une autoroute centrale, surtout quant elle est nouvellement construite, est généralement mesurable en fonction d’un ensemble de critères importants : les artères qui l’alimentent, l’acceptation par ses emprunteurs du taux de péage déterminé, l’état mécanique des véhicules, la signalisation et l’orientation, la sécurité ... Ainsi est défini le contexte dans lequel une autoroute électronique serait mise en usage en Tunisie comme d’ailleurs dans tout pays en voie de développement. Il ne suffit pas, comme dans tout apport d’une industrie nouvelle, d’accélérer son importation, il faudrait au préalable étudier les circonstances et les modalités de son introduction et de son usage. Ce contexte est défini ci-après en fonction de trois grands volets : technique, culturel et de recherche.

3.1 La dimension technique

Gérard Théry posait la question " Comment se constitue la chaîne de l’information? " à laquelle il répond en même temps en affirmant qu’ " elle comprend la compression de l’image numérique, les serveurs multimédia, les réseaux à haut débit et les terminaux. Les réseaux à haut débit font eux-mêmes appel à plusieurs techniques, en particulier à la fibre optique, et à une nouvelle technique de commutation large bande, l’ATM ".

Cette approche technique, qui en quelque sorte aborde les deux volets de moyens et de services téléinformatiques, constitue la base de fonctionnement du monde des autoroutes. Dans le contexte tunisien elle trouve son écho bien que de manière assez atténuée.

De prime abord, la notion de serveurs multimédia, de la gestion des données graphiques et/ou sonore n’est pas encore une activité du domaine public, son usage restant cloisonné dans l’univers surtout militaire comme c’est le cas du Centre National de Télédétection. L’information scientifique et technique mise à la disposition du public est quasi exclusivement textuelle.

Du coté réseaux large bande, la Direction Générale des Télécommunications à déjà opté pour l’intégration des techniques ATM et Frame Relay dans la structure des réseaux qu’elle gère et tout particulièrement le Réseau National de Transmission des Données. D’autre part, bien que la commutation large bande est encore limitée à 9600 bauds par seconde, la DGT promet déjà l’extension de cette bande passante à 64 Ko/s durant 1995 et à 2 Mo dans une phase ultérieure. Un projet encore en phase d’étude prévoit la mise en place d’un nouveau câble marin d’une plus haute capacité de transmission.

Le marché de l’infrastructure informatique à également subi une dynamisation importante. Les statistiques du Centre National de l’Informatique (CNI) rapportent qu’entre 1986 et 1990, 15.000 micro ordinateurs de 60 modèles différents étaient écoulés dans le pays . Des études récentes du CNI rapportent que 32.800 micro ordinateurs, 457 mini-ordinateurs et 15 gros systèmes étaient déjà installés vers la fin de l’année 1992. Durant la même période, le nombre de vendeurs de matériel informatique est passé de 60 en 1986 jusqu’à 200 en 1990 et 262 en 1992 .

Le point névralgique de ce volet technique reste cependant le secteur de la téléphonie qui prive une grande partie de la population d’un accès aux réseaux et ressources téléinformatiques. Si le délais de raccordement d’une ligne téléphonique en France est généralement inférieur à 48 heures, la même opération en Tunisie accuse encore un retard plus important voire même indéterminé en fonction de la disponibilité des lignes. Ceci concrétise d’ailleurs la différence de milieu entre le Nord et le Sud que Robert ALLEN argumente par le fait que les deux tiers des foyers dans le monde ne disposent pas encore de connexion téléphoniques et que la moitié de la population mondiale attend encore le moment de faire le premier appel téléphonique. La fameuse conférence de Al Gore à Buenos Aires le concrétise davantage lorsqu’il affirme que les 24 pays de l’OCDE, bien qu’ils constituent seulement 16% de la population mondiale, détiennent 70% du total des lignes téléphoniques mondiales et 90% des adhérents du téléphone mobile.

Seulement, avec les nouveaux marchés conclus par le gouvernement tunisien pour l’amélioration du réseau téléphonique national, les prévisions du VIII plan de développement quinquennal (1992-1997) prévoient l’aboutissement à un taux de 8,5 lignes par 100 habitants .

3.2 La dimension linguistique

S’il est un problème auquel la généralisation des accès INTERNET aurait à faire face dans la société tunisienne, comme c’est d’ailleurs le cas dans un grand nombre de pays arabes c’est le coté linguistique des interfaces et des produits véhiculés sur les artères des réseaux. A part l’assise culturelle basée sur une unicité de l’arabe comme langue officielle et parlée, la tradition orale qui caractérise les sociétés orientales garde encore un effet quoique secondaire sur l’introduction de la culture de l’écran. Un problème d’adaptabilité est envisagé à ce niveau pour voir les possibilités afin de garantir un "visumat " élevé de l’écran. Dans un contexte doublement en sclérose par les conflits de cultures et les mesures juridiques de l’usage prioritaire des langues, la Tunisie s'est impliquée, a travers l'IRSIT, dans la conception d'alternatives logicielles et normatives pour le traitement de la langue arabe conformément aux exigences de l'universalité, le multilinguisme et la diversité de formats (texte, son, vidéotex).

a) L’arabisation des interfaces : un stratège de vulgarisation de l’IST

Dans l’objectif de respecter les caractéristiques linguistiques de la langue arabe au niveau de l'écrit, de l'oral et de la traduction assistée par ordinateur, l’IRSIT prend le devant à échelle nationale comme à échelle internationale dans la conception d’outils et d’interfaces arabisés et bilingues. Parmi ses projets de pointe:

ALIFCOM est un logiciel de communication permettant d’émuler d’un terminal vidéotex bilingue sur ordinateur personnel IBM PC ou compatible et d'avoir accès de la sorte à des services vidéotex en quatre modes de fonctionnement : unilingue arabe, bilingue à dominance arabe, bilingue à dominance latine et unilingue latin.

Le système est doté d’un compositeur de page vidéotex, ARRASSEM, conçu par l'IRSIT permettant aux développeurs d'applications vidéotex l'édition des caractères arabes et latins, le dessin en mode mosaïque (disjoint et contigu), et la manipulation de blocs par les fonctions couper-coller, etc...

Ce produit entre déjà dans le domaine de l’application et trouve ses premiers clients dans les services du Ministère de la Justice et de l'Agence TAP (Tunis Afrique Presse) qui assurent à leurs partenaires la consultation à distance en mode bilingue via TUNIPAC et RTC.

ALCARI (Arab Latin Character Identification) est un système de reconnaissance de caractères arabes et latins encore sous l’étude. L’objectif est de retrouver et d’adapter des algorithmes tenant compte des caractéristiques de la langue arabe. Les problèmes rencontrés dans la finalisation de ce système résidant essentiellement dans la reconnaissance simultanée des caractères latin et arabe dans le même contexte et la complexité de ce dernier relative à ses formes et positions (début, milieu, fin, isolé). Les résultats atteints sont évalués aux environs de 45 caractères par seconde pour le latin et 2 caractères par seconde pour l’arabe avec des taux d’erreur encore importants.

BDSONS (Banque de Données Sons) " L’objectif immédiat de ce projet est l’élaboration d’une base de données des sons de la parole arabe. Les paramètres acoustiques analysés seront utilisés par la suite pour mettre au point des applications dans le domaine des industries de la langue telle que la synthèse et la reconnaissance de la parole arabe " . Ce produit est déjà recommandé par l’UNESCO.

TORJMAN a pour but de traduire des structures de base des phrases anglaises sans restriction à un domaine particulier. Partant des théories de représentations procédurales (ensemble des règles spécifiques) et déclarative (compilation des dictionnaires bilingues) des langues traitées, les orientations immédiates ont porté sur la conception d’un système prototype de TAO anglais-arabe et le développement d’une expertise dans le traitement du langage naturel.

b) Normalisation :

Le recours aux normes est justifié dans un document technique de l’IRSIT par le fait qu’"aucun travail effectif n’a été réalisé, pour le développement d’applications vidéotex capable de prendre en compte, d’une part les caractéristiques de la langue arabe, d’autre part de l’utilisation simultanée des deux alphabets et de l’insertion d’une langue dans l’autre, en ce qui concerne des services bilingues. C’est pourquoi une analyse poussées des exigences relatives à la langue arabe a du être menée "

En réalité les efforts de normalisation du caractère arabe ont mobilisé beaucoup d’équipes de travail. Des experts dans le monde entier et pour des raisons multiples travaillaient pour la définition d’un standard de fait du caractère arabe. Les deux normes qui ont marqué ce parcours sont cependant le standard UNICODE adopté en 1989 par les compagnies APPLE et XEROX suivies de Claris, Metaphore, Microsoft, NeXT, Sun et Research Libraries Group ainsi que la norme ISO 10646 (Information Technology-Universal Codes Character Set) (UCS) qui avait pour objectif de définir des jeux de caractères multi-octets, contenant une partie relative au codage étendu des caractères arabes.

La diversité des systèmes et des codages du caractère arabe, adjointes aux révisions périodiques dues à l’évolution technologique et l’apparition de nouvelles approches de travail, ont conduit les concepteurs du produit ALIFCOM, le vidéotex bilingue à opter pour une normalisation dont l’objectif est de faire converger les solutions proposées à échelle internationale, afin de garantir un interfonctionnement optimal entre des sites distants.

Ce produit bilingue se base donc sur les jeux de caractères arabes comme définis dans la norme ASMO 449 et les jeux de caractères latins conformes à un interfonctionnement international, prévu par la recommandation CCITT T.101 également définis dans la norme ISO 646 et correspondant à l’alphabet international n°5 du CCITT. Les jeux de caractères graphiques susceptibles d’être utilisés dans ce système sont au nombre de 4. Trois d’entre eux sont réservés pour le fonctionnement en mode texte (un jeu pour l’arabe, deux jeux pour le latin) et un jeu de caractère mosaïque permettant l’usage d’un terminal vidéotex en mode graphique.

La méthode d’extension de codes, nécessaire pour des besoins de communication, revendique la présence d’au moins 2 jeux de caractères graphiques. Les spécifications du vidéotex bilingue arabe/latin est basée sur les techniques d’extension de code spécifiées dans la norme internationales ISO 2022 qui prévoit des représentations à 7 et 8 bits pour les données de la couche présentation.

Dans sa phase actuelle de développement le vidéotex bilingue travaille dans un environnement de codage à 7 bits dans lequel un seul jeux de caractères peut être appelé dans la table de code effective selon les deux modes d’inversion bloquante , ou d’inversion unique , toutes deux conformes à la norme ISO 2022.

Cette méthode fait objet actuellement d’une norme internationale proposée par l’IRSIT sous la référence " Recommandation T.52 T.101 Annex C ".

Comme tous les services vidéotex, ALIFCOM est compatible avec une architecture de communication à sept couches, basée sur le modèle d’interconnexion des systèmes ouverts, ou modèle OSI (Open system Interconnexion - Recommandation X.200, correspondant à la norme internationale ISO 7498-1)

Son module de communication TCP/IP devrait normalement lui permettre, selon les principes d’un système ouvert, l’ouverture sur le monde INTERNET.

L’infrastructure de transmission sur laquelle est bâti le réseau d’accès vidéotex est conçue selon les trois configurations suivantes :

- Terminal-RTC-serveur

- Terminal-RNTD-serveur

- Terminal-RTC-PAV-RNTD-Serveur

3.3 La dimension recherche : un facteur de productivité

" La recherche développement, essence de l’évolution des sciences et des technologies, est une pierre angulaire dans l ’édifice du secteur productif du logiciel " . Ainsi définit l’ancien directeur de l’IRSIT le rôle fondamental de la recherche qui joue un double rôle, celui de l’amélioration de la qualité des produits d’une part et l’incitation à la quête de l’information pertinente d’autre part. Appliquée au domaine du développement, la recherche acquiert une dimension compétitive incontournable donc assujettie aux critères fondamentaux de la rapidité d’accès, la pertinence de contenu, les droits de libre accès, l’interopérabilité, l’interconnexion physique, le contournement des comportements oligopolistiques ... bref une déréglementation totale malheureusement irréalisable même dans les pays les plus démocratiques.

Ce qui reste cependant une constante inéluctable, c’est la certitude de la relation intrinsèque entre les technologies de l’information et le développement économique des nations. C’est une vérité que les pays semi-industrialisés de l’Est Asiatique, de l’Amérique Latine, de l’Europe de l’Est comme de certain pays de l’Afrique (Afrique du Sud et la Tunisie) ... ont bien appliquée dans leurs programmes de redressement économique.

Consciente de cet enjeu stratégique, la Tunisie s’est dotée d’un nombre d’institutions de recherche qui relèvent des domaines publics et privés parmi lesquelles l’université occupe une place privilégiée.

Le Ministère de l'Enseignement Supérieur, assisté par une Direction Générale à la Recherche Scientifique (DGRST) a orienté sa politique de promotion de la recherche universitaire sur les deux axes suivants :

- La création et la structuration des laboratoires et des unités permanentes de recherche pour subvenir aux besoins de développement global. 90% de l'activité de recherche scientifique nationale est accomplie au sein des 216 laboratoires et unités de recherches universitaires.

- L'acquisition d'une infrastructure nécessaire au développement du secteur de la recherche. 40 000 000 FF ont été investi entre 1993 et 1994 pour l'acquisition d'un matériel de recherche sophistiqué.

Le coté coopératif à échelle internationale fait également figure dans la lignée des objectifs de la DGRST. Parmi les projets de coopération les plus importants:

- La convention de coopération entre le CNRS de France et la Direction de la Recherche Scientifique du Ministère de l'Education et des Sciences tunisien signée en 1975.

- La convention de coopération mutuelle Franco-tunisienne dans le domaine universitaire, la formation et la recherche qui date de l'année 1988.

- La convention de coopération entre l'Institut National français de la Santé des Etudes et de la Recherche Médicale (INSERM) et la DGRST signée en 1989.

Le Secrétariat d’Etat à la Recherche Scientifique (SERS) constitue, à travers ses 9 institutions publiques, un deuxième pilier de l’activité de recherche nationale dont l’objectif est entre autres de :

- Coordonner l'ensemble des programmes de recherche et de développement technologique dans tous les domaines conformément aux options et aux priorités nationales.

- Coordonner les différentes actions de coopération internationale en matière de recherche scientifique et de développement technologique.

- Instaurer une coopération entre les établissements concernés par la recherche scientifique et le développement technologique en collaboration avec les ministères concernés et permettre en particulier l'accès aux unités de recherche, aux laboratoires et aux équipements scientifiques importants au plus grand nombre d'usagers.

La coopération SERS/DGRST prend aussi forme sous les aspects d’accords de partenariat dans des projets conjoints de recherche, de financement direct ou par l'intermédiaire de la DGRST de projets de recherche présentés par des groupes de chercheurs ou des unités de recherche universitaires, d’échange de l'information scientifique et technique à travers le Réseau National de la Recherche et de la Technologie (RNRT).

Malgré ces accomplissements enregistrés en faveur de la recherche scientifique, le secteur souffre encore d’un déséquilibre entre l’intérêt croissant porté à l’activité de la recherche et la mise en veilleuse des amélioration des outils et des sources d’information scientifique et technique pour la recherche.

Dans une enquête effectuée récemment au sein de l’Institut Supérieur de Documentation de Tunis pour déterminer l'ampleur de l'introduction des NTI dans les BU et l'attitude des usagers face à l'usage de cette technologie nouvelle, parmi les 85 institutions universitaires contactées, 10 seulement paraissent avoir un semblant de noyau informatique pour la gestion de leur fonds documentaire.

Face à cet handicap majeur dans un monde ou la téléinformatique et la communication à distance font loi, le chercheur universitaire ressent un besoin crucial de communiquer, de partager des ressources informationnelles et d'accéder aux expériences et aux connaissances aussi bien nationales qu'internationales. Les problèmes des documents en texte intégral, de l’acquisition en devise des documents étrangers, le retard dans la communicabilité des données de base font que les ressources et les services informationnels disponibles à l’IRSIT, que ce soit à travers INTERNET ou BITNET, soient actuellement très convoités par la communauté de chercheurs tunisiens.

Conclusion générale

L’histoire a voulu que toute nouvelle invention ou découverte soit soumise à une série de catalyseurs qui favorisent son épanouissement ou force son empiétement. Du coté des technologies de l’information, tout du moins, il s’est toujours avéré que les inventions à caractère " universel " (i.e. téléphone, T.V., fax ...) finissent toujours par passer de l’état " limitatif " à l’état " domaine public ". Seulement faudrait-il que cette technologie obéisse aux grands enjeux socio-économiques, culturel et politiques des consommateurs qui constituent le potentiel réel dans la vulgarisation et l’épanouissement de toute technologie nouvelle. Quant certains pays interdisent les émissions ou les services rose, c’est bien du protectionnisme culturel et idéologique, quant d’autres découragent l’expansion de la technologie vidéotex et du Minitel c’est du protectionnisme économique, quand d’autres interdisent l’usage des paraboles ou du courrier électronique sur les réseaux mondiaux ou bien font du bruitage et de l’isolement aux transmissions des programmes T.V. étrangères c’est du dirigisme politique, quant les chaînes T.V. câblées ne parviennent pas à percer dans beaucoup de milieux, c’est plutôt un phénomène social ... Ce ne sont là que des échantillons qui concrétisent les réserves souvent formulées à l’égard de l’universalisation du modèle INTERNET.

Une Infrastructure Générale d’Information comme proposée par Al Gore (GII) est dans ce cas très hypothétique. D’ailleurs il le confirme lui même en précisant : " The countries that flourish in the 21st century will be those that have telecommunications policies and copyright laws that provide their citizens access to a wide choice of information services " .

Ceci serait toutefois vrai si la phase actuelle de la ruée massive vers l’infrastructure INTERNET serait impérativement suivi d’une accentuation sur les produits et les ressources partageables qui serviraient les cause de développement global et durable. Or la situation actuelle d’INTERNET et les pronostics parfois pessimistes à l’égards des phénomènes comme la dimension commerciale des services INTERNET, le cryptage et la confidentialité des données, l’inégale répartition des moyens d’accès ... engendrent le doute quant à une innocente évolution de cet univers virtuose de l’information.

D’autre part si une grande partie de la séduction d’INTERNET réside dans l’image qu’elle donne d’une voie de transit haut débit, haute vitesse, l’enjeu véritable réside, en fait, dans les apports qu’elle va refléter pour la communauté internationale. Pour atteindre ces objectifs de manière optimale, il faudrait passer par une généralisation de l’infrastructure nécessaire afin de garantir l’égalité d’accès. Heureusement que dans ce sens, les bâtisseurs de cet univers de connexion ont bien prévu cette mosaïque universelle pour prévoir un recourt aux artères téléphoniques déjà en place afin de créer des voies de communication à bas et moyens débits. Ceci constitue un acquis pour INTERNET et les INFOROUTES pour qu’ils se répandent sans trop de complications dans les coins les plus démunis en matière de réseaux large bande et où les supports sophistiqués très dispendieux (i.e. fibres optiques) pourraient constituer des goulots d’étranglement.

D’ailleurs, comme le précise Gérard Théry " Les autoroutes ne nécessitent pas la construction de réseaux distincts du réseau téléphonique, comme c’était le cas pour les réseaux câblés. Il s’agit de l’élargissement naturel de la desserte des utilisateurs pour permettre l’accès à haut débit " . L’accès à haut débit est d’ailleurs une notion qui recouvre, selon Thierry Bienfait, " des réalités assez variables répondant davantage à des besoins d’annonces médiatiques qu’aux besoins reconnus des utilisateurs ". Certains pays en voie de développement comme la Tunisie ont saisi cette opportunité pour se lancer même modestement dans le monde mystique des INFOROUTES. Une sensibilisation publique est même en cours de donner ses fruits. Les jours mêmes que se tient ce séminaire à Bordeaux, la 17ème table ronde annuelle Mc Bride est organisée à Tunis par l’Association Tunisienne de Communication (ATUCOM) pour évoquer l’implication de l’Afrique dans le monde des autoroutes de l’information.

.../...

NOTES

Robert E. Allen. Vision for the global information infrastructure. The Networked Economy Conference. Washington, D.C. September 1994. 4p.

Thierry Bienfait. Le tracé encore flou des autoroutes de l’information en France. In : INFOPC. N°11 (Février 1995). pp. 57-58

- E.Balladur demandait à son ministre de l’industrie d’organiser une vaste consultation des acteurs intéressés (entreprises, universités, organisations professionnelles ...)

- Le gouvernement propose à aux députés de débattre, d’une part sur les priorités de l’action publique et d’autres part, sur les positions françaises à la réunion du G7 du mois de février 1995 consacrée aux INFOROUTES.

- Un comité interministériel des autoroutes et des services de l’information était nommé et chargé de définir la politique de l’Etat en la matière.

Centre National Informatique (Tunisie). Les supports de transmission de données en Tunisie. CNI, 1992. p.2

Atlas du Monde : le Monde en Multimédia. West Sussex (UK) : The Software Toolworks, 1993.

Journal La Presse de Tunisie. Mercredi 22 Février 1995. p.4

Journal La Presse de Tunisie. Mercredi 22 Février 1995. p.4

Note du service commercial du CERPAC. Tunis : CERPAC, 1993

Les Télécommunications / François du Castel . _ Paris : X,A Discours, 1993 . _ P. 230/617

Op. cit. P.230

ASTINET : structure and future trends / Mohammed Thseen Alkkoudsi. _ Tunis. _ 1993. _ P12

The infrastructure of an information society. Actes du Premier Séminaire International de l’Information. Tenue au Caire, Egypte, 13-15 décembre, 1982. Amsterdam: Elsevier Science Publisher. 1984.

Néjib Abida. TNEARN : Un atout pour l'information et les nouvelles technologies en Tunisie. Actes du Séminaire International sur le Marketing de l'Information. Tunis. Institut Supérieur de Documentation. 1992. pp252-269.

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ISO 2022 (1986) : Traitement de l’information - Jeu ISO de caractère codés à 7 bits et à 8 bits - technique d’extension de code

permet de remplacer la table de code effective par un jeux de caractère indiqué.

permet d’appeler, dans la table de code effective, un caractère appartenant à l’un des jeux utilisés.

T.52 : Non Latin Caracter Sets for Telematic Services. T.101 : International Interworking for Vidéotex Services. Annex C : European Data Syntax II

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Centre National Informatique.