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LE MAGHREB |
NECESSITES ET CHOIX POUR UN RESEAU DOCUMENTAIRE EN SCIENCES ADMINISTRATIVES
R E S U M E
Dans le cadre de la ruée internationale vers les coalisions et les regroupements régionaux, maintes tentatives et expériences africaines et arabes ont été conduites pour harmoniser un travail collectif dans la gestion des données désormais vitales pour les prises de décisions.
Depuis 1988, une étape décisive a été initiée par les pays du Maghreb pour la concrétisation du Grand Maghreb Arabe. Cette initiative, néanmoins, nécessite un complément de considération au secteur de l'information et plus en particulier à la gestion des données administratives vu l'importance qu'elles revêtent comme assise de base pour l'intégration socio-économique.
Il résulte donc important d'adopter une politique qui correspond à l'envergure des objectifs tracés ainsi que les systèmes d'information existant afin de garantir la compatibilité, la continuité et l'efficacité du secteur de l'information administrative.
Parmi les systèmes africains, arabes et occidentaux qui pourraient avoir une rattache avec les pays du Maghreb, le projet ANAI est proposé comme expérience modèle pour créer l'alter-ego régional. Des considérations administratives et autres techniques sont évoquées comme paramètres d'évaluation des choix à adopter.
Dans tous les pays africains comme d'ailleurs dans tous les pays du tiers monde, la Documentation, la Bibliothéconomie et l'Archivistique (DBA) restent indéniablement conditionnées par les spécificités de l'univers culturel et civilisationnel dans lequel elles ont été initialement introduites.
Ce terrain résultant essentiellement d'un héritage colonial qui a conditionné les valeurs culturelles des pays concernés et leur choix idéologique, a favorisé un "libido" culturel envers les apports technologiques des éx-metropolis. Ce libido, a de son coté intensifié un séquestration impétueux et un individualisme chauvin au niveau des expériences nationales dans divers domaines d'activités dont les techniques de l'information et plus précisément la DBA. Pire encore, c'est que ces expériences loin d'être des instigateurs à l'autodétermination de l'identité nationale de chacun des pays concernés, se contentaient d'un rôle passif de récepteur inconditionné des valeurs et des normes souvent étrangère à sa structure d'origine. Cet handicap faisait que l'expérience de ces pays ne pouvait pas atteindre le grade évolutif qui devrait l'intégrer dans le champs compétitif international.
Néanmoins, il n'en demeure point secondaire de reconnaître certaines initiatives pilotes qui essayèrent de donner du vif à ce secteur en tant que maître d'œuvre essentiel du développement de ces pays.
Il est reconnu, et c'était la l'une des énigmes pourtant lucides qui faisait la force des pays développés, que la puissance des nations dépend de la valeur et du volume d'information dont elles disposent. C'est la un fait qui a été tout récemment conceptualisé comme véritable organe pivot et passage obligé à toute initiative d'épanouissement et d'autodétermination dans divers secteurs de la connaissance humaine.
La DBA, par la place qu'elle détient et la valeur qu'elle revêt au niveau de la circulation de l'information s'interpose comme fil conducteur entre les sources et les consommateurs de la même. C'est donc une structure médiatrice dont l'apport se situera au niveau de la normalisation des procédés techniques et pédagogiques du processus de l'analyse et du transfert de l'information. C'est donc dans la nature même de ses objectifs qu'elle puise le rôle suffisant pour ce titre d'intermédiaire.
A ce niveau, il convient d'identifier par quels procédés elle s'acquitte de cette tâche et quelles sont les structures qui lui permettent d'opérer une connexion et un dialogue entre les deux protagonistes indiqués. S'impose de cette interrogation, l'idée de la conceptualisation des structures opérationnelles et des recours institutionnels qui serviront d'assise de base à la pratique DBA ; car en fin de compte, si la DBA est parvenue à procréer ses propres attributs professionnels sur des normes et des conventions internationales en quelque sorte communes, l'aspect institutionnel des organes à travers lesquels cette science aurait à être appliquée fut libéré de toute contrainte normative rigoureuse. Cela est devenu une alternative individuelle ou regroupée en fonction des paramètres principaux propres aux choix individuels ou communs des organismes ou partenaires concernés.
Le monde de l'information connaît actuellement une pléthore de systèmes, d'institutions et d'organismes nationaux, régionaux et internationaux dans les différentes spécialités du savoir humain. Dans ce sens, certaines expériences pilotes dans le tiers monde ont été menées dans le but de sortir du cocon du conformisme vers l'Occident et s'orienter vers une meilleure adaptation des conditions et des besoins locaux sans pour autant en avoir crée une distinction radicale. L'hégémonie infrastructurelle des pays développés dans le domaine de l'information conditionne encore nos choix culturels, économiques et techniques.
Dans les remous de cette résurrection tiers mondiste, et la tendance vers l'autodétermination collective, s'inscrivent quelques tentatives et certaines expériences africaines dont la devise est l'instauration d'une éthique scientifique et culturelle autochtone, à base d'une industrie de l'information reconnue comme la pierre philosophale ou l'élixir de vie des pays développés.
Les pays africains, bien qu'entre eux même représentent une mosaïque de cultures et de traditions, offrent une conjoncture économique dont le dénominateur commun est le sous développement. Donc l'orientation vers une unification des projets de redressement serait canalisée sur une seule voie, un seul but qu'est l'épanouissement des organes d'information et la création d'un amalgame d'institutions spécialisées qui répondent à leur degré le plus générique aux urgences communes des pays impliqués dans ce processus d'évolution multisectorielle.
Déjà l'expérience africaine s'est manifestée dans ce sens par le biais de certains projets tels comme le PADIS (Panafricain Documentation and Information System) qu'est à la fois un système et un réseau régional multisectoriel d'information (Lettre, 1986), l'ANAI (African Network of Administrative Information) qui vise une collecte africaine des références bibliographiques en sciences administratives (Introduction, 1987) ; RESADOC (Reseau Sahélien d'Information et de Documentation Scientifique et Technique)...(Bell, 1986).
Cependant, toute tendance vers une émancipation multisectorielle tient obligatoirement à passer par un épanouissement administratif et une instauration des institutions de contrôle et de conciliation entre les divers secteurs de la société africaine.
Les sciences administratives sont appelées de la sorte à jouer un rôle d'avant garde dans la coordination des différentes phases du redressement des pays africains vue la prépondérance et le rattachement qu'elle exercent entre les divers promoteurs sociaux et économiques des pays africains.
Il n'est tout de même pas exclus qu'une coopération dont les racines pourraient progresser davantage vers des assises plus spécifiques et restreintes puisse faciliter la genèse d'un groupuscule de pays dont le patrimoine culturel idéologique et technique sont identiques sinon s'apparentent à confusion. C'est d'ailleurs le cas que je me propose d'aborder dans ce document : le cas des pays maghrébins et l'expérience qu'ils pourraient mener ensemble pour aboutir à une conformité de gestion documentaire au niveau des institutions nationales spécialisées dans le domaine des sciences administratives.
Il est sans doute important de signaler qu'à l'intérieur des confins maghrébins, la coopération entre les institutions de formation administrative a connu un essor louable concrétisé par la diversité des échanges multilatéraux et l'établissement d'une politique de coopération qui converge vers l'unification des politique d'enseignement.
D'un simple aperçu sur les données statistiques de chacune de ces institutions, il s'en sort que le background coopératif est suffisamment riche en conventions multilatérales, séminaires mutuellement organisés sur des thèmes qui reviennent d'intérêt à ces pays comme unité homogène.
Le CAFRAD (Centre Africain de Recherche Administrative), le CMERA (Centre Maghrébin d'Etudes et de Recherches Administrative), l'ENA de Tunis ... ont contribué de part et d'autre à l'organisation de multiples séminaires ayant trait à un thème relatif aux sciences administratives.
Seulement, à ce niveau de coopération, une condition complémentaire strictement adjacente à cette initiative louable, s'impose d'elle même : si une pareille collaboration a su donner ses fruits au niveau de la production littéraire et scientifique en sciences administratives et disciplines rattachées ; si cette politique a su déclencher un besoin urgent de complémentarité des rôles dans la formation et la genèse d'un tout maghrébin en la matière, si les conjonctures sociales économiques et politiques par lesquelles passent actuellement les pays du Maghreb, n'ont jamais été aussi favorables à un rapprochement aussi radical, a-t- on pensé à instaurer une politique commune de gestion de l'information administrative ?
Une pareille initiative tend à être immédiatement et rigoureusement suivie étant donné le rôle interactif qui la relie avec les décisions administratives d'ordre économique, politique et sociale. Où pourrait on localiser un mécanisme pareil sinon dans le champs d'action de la DBA ?
De cette prérogative éclore le non moins fameux dicton : "Quel bilan ? quel avenir ?"
Conditionnées par l'arbitraire dans les choix, les expériences enregistrées au niveau des services documentaires maghrébins en sciences administratives ne sont guère enviables.
Bien que superficiellement apparentées, celles ci n'accusent aucun point de convergence ou de similitude dans les normes et les objectifs. L'individualisme, le traditionalisme et la précarité infrastructurelle exercent un forcing de stagnation qui condamne ces expériences à traîner en laisse du progrès technologique qui pourtant parvient à modifier nos us culturels.
Il est cependant assez hâtif de se prononcer de façon assez dramatique sur l'état et le sort de ce secteur culturel sans porter l'intérêt sur quelques initiatives séparément conçues pour remédier à une situation aussi rudimentaire et le degré d'assimilation dans des projets plus vastes dans leur couverture géographique et sémantique.
A échelle maghrébine, les expériences du CAFRAD et du CMERA ressortent comme projets d'avant garde dans les politiques nationales de la gestion documentaire des sciences administratives.
L'histoire de cette institution remonte à la résolution présentée par le Maroc à la douzième session de l'assemblé générale de l'UNESCO qui abouti à la signature de l'accord provisoire pour l'établissement du Centre en Juillet 1964.
Parmi les objectifs conçus et approuvés par les 29 pays africains membres, notons surtout :
Entreprendre, encourager et coordonner toutes recherches et études comparatives concernant les problèmes administratifs lies au développement social et économique dans les pays africains.
Rassembler, analyser et diffuser toute documentation sur la structure, l'organisation et les méthodes administratives des différents pays africains.
Constituer un organe d'accueil et de liaison scientifique au service des écoles et instituts et de façon générale à toutes les institutions intéressées par l'administration publique.
En fonction de ces objectifs, le CAFRAD s'est voué à la concrétisation d'un ensemble de procédures opérationnelles qui le redressent comme promoteur d'une unité africaine dans le domaine de l'information administrative. L'une de ces résolutions prometteuses était sans doute la proposition qu'il a faite durant le séminaire africain des bibliothécaires et documentalistes des services d'information administratives tenu a Akkra (GHANA) en Mars 1975 et qui vise la création d'un système d'information collectif et décentralisé susceptible d'assurer plus efficacement la collecte, le stockage, le recherche et la diffusion des ressources d'information au profit africain.
Naquit ainsi le projet ANAI (Africain Network of Administrative Information) en Décembre 1976 lors de la première conférence africaine de l'informatique dans le domaine de l'administration en Alger. (Introduction, 1987).
L'initiative des Ecoles Nationales d'Administration du Maroc, d'Algérie et de Tunisie pour la création d'un organisme de coopération entre les trois écoles, a permis de déclencher une démarche qui se couronna par la signature d'une convention portant statut du CMERA (Centre Maghrébin d'Etudes et de Recherches Administratives) en Mai 1970 à Tunis.
Une année plus tard, le Centre fut inauguré à Alger où il siège définitivement. Depuis lors, la vocation du CMERA s'est orientée vers la coopération inter-maghrébine dans le domaine de la recherche en sciences administrative, la constitution des dossiers pédagogiques destinés à servir de colloques ... Bref, on note un palmarès assez riche en production scientifique et technique qui a pu jouer le rôle de palliatif à la coopération documentaire laissée en plan second du programme de liaison qu'est censé jouer le CMERA entre les pays maghrébins.
Ce que l'on synthétise de l'étude de ces systèmes dont la coopération multilatérale émane comme condition fondamentale de toute réussite, c'est que les pays du tiers-monde ont déjà commencé à poser les jalons d'un nouvel ordre international d'information destiné à mettre terme au déséquilibre caractérisant la circulation de l'information entre le Nord et le Sud. C'est pourquoi cette quête d'un nouvel équilibre international n'a pas occulté pour les pays du Maghreb la nécessité de s'orienter vers l'unification de leurs NATIS en vue de servir leur propre desseins d'une autodétermination culturelle, politique et sociale ; et de se doter des moyens nécessaires pour répondre à ces préoccupations.
Nous demeurons par conséquent convaincus que le rôle de la DBA dans ce choix constitue un apport utile à l'amorce d'un processus d'unification et d'harmonisation entre les NATIS maghrébins d'une part, et les orientations politiques, économiques et sociales d'autre part.
A cette fin s'imposent certaines conditions de base dont la concrétisation assurerait le maximum d'efficience et de rendement :
Il est bien évident que le travail documentaire dont le fruit doit se créer avec beaucoup de précision et de conscience soit mis à la disposition des pouvoirs publics dans leurs décisions et que ces décisions n'obéissent pas à des influences extérieures parfois dépourvues de toute originalité et de conformité avec le thème couvert.
Par conséquent, il y a tout un problème de présentation, d'exploitation et de communication qui doit être réglé. Pour ce faire, les services documentaires gagnent à être plus intégrés dans les grands centres de décisions. Cela se résout évidement par une meilleure articulation et une organisation administrative adéquate.
Il est vrai qu'à la lumière de ces recommandations pratiques, l'ordre des choses accuserait une évolution notoire au niveau de la restructuration de ces services jugés par conviction bien fondée, comme soupape indispensable pour la diffusion et l'échange de l'information. Seulement, étant donnée la phase encore embryonnaire de cette ramification des services documentaires maghrébins, le leurre dans la politique de restructuration et les décisions arbitraires sont des prédateurs fort menaçants qui risquent de mener les responsables de ces services à commettre l'erreur du "pechêt originel" ; celui de se fermer dans leurs coquilles et prêcher pour l'autosuffisance en fonction des moyens disponibles. Or, une pareille mesure serait un recul ou plutôt un rejet vers l'état initial traditionnel. Ce qu'il faudrait désormais prêcher réellement, c'est la rationalisation des services documentaire et leur orientation vers des horizons plus vaste afin qu'ils aient un rayonnement plus ample et plus efficace. Cette alternative aurait davantage de succès si elle saurait être conforme aux deux exigences suivante :
De cette base surgit la grande défaillance enregistrée jusqu'à présent au niveau des programmes et politiques nationales et régionales d'information dans le Maghreb : les chaînes documentaires et les réseaux d'information automatisés inter-institutions.
C'est dans la divulgation de ces réseaux régionaux et sectoriels que s'accomplisse le dessein de coopération documentaire. Cela requiert à priori la formation des experts et des spécialistes capables d'assimiler les performances des nouvelles technologies dans le stockage et la récupération de l'information dans l'échange des données par les procédés technologiques actualisés allant des simples fichiers sur disques mobiles jusqu'au CD-ROM et les micro-ondes.
C'est à ce niveau que se joue la partie véritable du Maghreb pour s'ériger comme partie prenante dans les choix concernant l'Afrique et le processus de son développement.
Il nous incombe à cet effet de penser à la conception de notre propre "UNISIST" maghrébin qui puisse participer à la pléthore des comités, centres, systèmes nationaux et internationaux qui prolifèrent partout dans le monde.
L'étape ou l'on prêchait pour les systèmes nationaux de l'information (NATIS) est déjà révolue. Des nouvelles conjonctures apparaissent pour qu'un effort de coopération, de planification et d'institutionnalisation soit entrepris de façon à dominer le flux extérieur et à créer la gamme créatrice de nos propres besoins et nos propres moyens. Les regroupements économiques, les ralliements politiques et la notion des blocs d'intérêt commun, devenus devise courante de nos jours, ne nous laissent plus le choix. L'Europe 92 est désormais le protagoniste qui nous intéresse le plus. En plus d'être un partenaire économique de taille pour les pays du Maghreb, la technologie d'information que la communauté européenne développe nous impose d'être, non pas un alter-ego, mais du moins un interlocuteur compétitif valable.
Les attributions que se pourrait attribuer une éventuelle coopération maghrébine dans le domaine des sciences administratives nécessitent certainement une visualisation analytique de l'environnement et du milieu professionnel qui, de près ou de loin, seront les catalyseurs inaliénables aux objectifs primordiaux de cette coopération. Ces objectifs, on peut les tracer comme suit :
Pour atteindre les limites de la pratique et de la réalisation, ces objectifs tiennent à répondre à certaine conditions qui faciliteraient davantage le processus de leur exécution :
La coopération serait de ce fait véhiculée sur deux pôles d'intérêt à savoir une coopération administrative et une autre technique.
Il est logiquement conçu que tout essai de réalisation d'un quelconque projet urge la préparation du terrain favorable au déroulement des procédures de concrétisation. Il en résulte donc indispensable dans ce cas, de prévoir au préalable une entente sur les démarches administratives préparatoires à l'implantation du projet technique, de la gestion documentaire en sciences administratives. (Comité, 1973).
Pour cette fin, la concrétisation des démarches suivantes serait très propice à cet objectif :
L'aspect technique de la coopération nécessite à son tour l'adoption d'un principe documentaire de base qui serait le garant de l'efficience et de la continuité du rendement envisagé pour ce projet : l'installation du réseau documentaire maghrébin en sciences administratives et l'unification de la politique de gestion. Le marché électronique offre actuellement une grande diversité de matériel informatique (IBM, Macintosh, Wang, HP, Vax,...) et une grande multitude de réseaux locaux (LAN), métropolitains (MAN), internationaux (WAN) ... (Flint, 1983 ; Aman,1988).
Ainsi envisagé, il reste néanmoins indispensable de prévoir un aspect de flexibilité et de souplesse de structuration pour une éventuelle intégration dans toute offre de collaboration sur une échelle plus vaste. Ceci permettra l'ouverture sur deux perspectives majeures :
Il est donc recommandé à ce niveau de recourir aux expériences déjà menées dans ce domaine en quête d'une stratégie efficace et rentable pour assurer le maximum de garantie, de pérennité et la plénitude de rayonnement à cette possibilité de coopération.
Ceci nous oblige par conséquent à mettre en exergue certaines expériences nationales et internationales qui, de près ou de loin, offrent une apparenté avec ce projet de coopération maghrébine. A ne citer qu'à titre référentiel, le programme PADIS (Panafrican Documentation and Information System), le NADIS (North African Documentation and Information System) ; le DEVSIS (Development Science Information System) ; le projet ANAI (African Network of Administrative Information) ; ARISNET (Arab Information System Network) ; RESADOC (Réseau Sahélien d'Information et de Documentation Scientifique et Technique) ... (Devsis, 1976 ; Bell, 1986).
Si dans les limites des expériences tiers-mondistes, nous donnons la priorité aux expériences africaines et arabes, il en résulte que le projet ANAI ressorte comme expérience pilote de laquelle le Maghreb pourrait bénéficier énormément. Les programmes PADIS, NADIS, DEVSIS, les systèmes OASA, ARISNET ... détiennent également l'importance requise pour former une source d'inspiration à une éventuelle restructuration d'une politique commune de gestion de l'information administrative à l'échelle maghrébine (Ibrahim, 1984).
Le projet ARISNET, conçu pour la création du réseau arabe de l'information dont les premières esquisses ont été débattues durant le premier séminaire organisé à Tunis du 08 au 12 Juin 1987 offre quant à lui l'assise favorable à la création d'un mini projet maghrébin intégré dans le corpus même de ce projet arabe. D'ailleurs les recommandations 6,7,8 du premier congrès de l'ARISNET (Arisnet, 1987) stipulent :
Seulement, vue la conformité thématique et géographique qu'offre le projet ANAI aux pays maghrébins, il serait toujours plus intéressant de partir de cette base et opter vers l'unification des démarches et procédures de traitement ainsi que les grands objectifs garantissant ainsi un double acquis :
Outre intégration dans une sphère de coopération africaine prometteuse, l'aspect régional serait également préservée étant donné la conformité et la concordance des principes de base qui caractérisent à la fois le projet ANAI et les systèmes arabes apparentés (Documentation, 1987).
Un projet maghrébin fondé sur cette formule aurait une double orientation : panafricaine et pan-arabe.
Le problème de compatibilité de systèmes de gestion de l'information s'interpose comme voûte obligée de tout rapprochement voulu entre les divers NATIS et réseaux d'information spécialisée. On entend par la compatibilité de systèmes une similitude ou un rapprochement dans les politiques de gestion de l'information à échelles technique et théorique. L'introduction de l'informatique a d'abord accentué cette nécessité étant l'analyse automatisée conditionnée par l'aspect normatif de gestion. Le marché de l'informatique a su échapper à toutes les tentatives de normalisation qui visaient l'harmonisation des normes de fabrication des appareils. L'incompatibilité engendrée, donc l'impossibilité de connexion entre les différentes composantes d'un même système créait un obstacle pour la ruée vers l'automatisme. Chaque fabricant concevait sa propre marque sur des assises de compétitivité de prix et de qualité. Les débuts d'une forme de normalisation informelle s'est vue imposée par certaines marques qui ont su imposer leur hégémonie sur le marché dictant de la sorte leur normes de fabrication aux autres producteurs. IBM est l'exemple par excellence qui reflète cette situation. Soucieuse de dominer cette carence, et afin d'éviter un monopole au détriment des utilisateurs, l'ISO (International Standard Organization) a proposé un modèle de connexion dénommé OSI (Open System Interconnection) qui serait un ensemble de normes de fabrication de matériel informatique (Flint, 1983). Bien que ce problème de connectivité soit largement résolu de façon formelle (ISO/OSI) ou informelle (politique de marché), on s'attend toujours à des améliorations encore plus avantageuse pour le flux des données.
C'est donc la un point qui tient à bénéficier d'un intérêt particulier surtout en cette période initiale de la ruée vers l'informatisation des centres de documentation et de formation administrative. Il convient alors d'identifier avec le maximum de dextérité et de savoir faire par quels procédés cette compatibilité saurait être un module commun pour lancer le réseau maghrébin de gestion de l'information administrative. Il est également de grande importance identifier les structures qui lui permettront d'opérer une connexion et un dialogue multidirectionnel entre les protagonistes impliqués. L'expérience a malheureusement démontré que certaines institutions se livraient au désir d'informatiser sans prendre les précautions nécessaires basées d'une part sur une étude approfondie des moyens matériels et humains disponibles et d'autre part sur les besoins et les nécessités requises.
Le choix pour le projet ANAI comme tremplin de départ n'est suggéré que pour la simple raison qu'il soit déjà avancé dans le processus d'unification thématique et géographique. L'infrastructure déployée, les résultats scientifiques et techniques qu'il a concrétisés daignent être de valeur pour une probable continuité.
Les pays maghrébins eux même ont manifesté leur choix pour cette orientation africaine par la collaboration dans la mise en fonction du projet ANAI. Leur participation actuelle dans l'élaboration de la base de données se reflète déjà sur les index publiés par le CAFRAD. Donc, il est certains que le besoin d'une coopération soit ressenti par les institutions administratives maghrébines sans pour autant l'avoir explicitement et farouchement convoité.
Avant de s'adonner à des jugements et des options définitives, il serait néanmoins fort utile de procéder à une exposition du background expérimental de l'ANAI, de son rayonnement culturel, de ses objectifs et perspectives, de sa structuration et sa souplesse de coopération pour créer l'hypothèse à priori qui permettrait la communication et le miroitement entre les deux projets.
Les objectifs de l'ANAI, comme tracés par ses créateurs, sont de créer une base de données de références et une banque de données de matériaux intégraux relatifs aux procédures et aux systèmes administratifs et de gestion des pays africains, et de donner un accès direct à l'information saisie.
Ce projet, dans sa schématisation complexe, devrait fonctionner comme un système africain d'information décentralisé, doté d'un ensemble d'institutions de fonctionnement reliées.
De ses objectifs les plus réticents notons surtout :
L'essence du projet depuis sa création s'est alors inéluctablement orientée vers l'assise de coopération et la motivation pour la décentralisation des systèmes d'information administrative.
Donc, d'ores et déjà, la garantie d'assistance de la part du CAFRAD est acquise. Le laps expérimental du projet a également pris une dimension assez importante pour pouvoir dresser un bilan évaluatif de ses réalisations.
Faisant suite au séminaire de Dakar tenu en Novembre 1983 cette phase expérimentale a été fixée à 3 ans grâce à la subvention du Centre de Recherche et du Développement International (CRDI). L'objectif de cette phase débutée en Avril 1985 est de tester la fiabilité du projet auquel participaient dix pays africains parmi lesquels on retrouve la Tunisie, l'Algerie et le Maroc (Manuel, 1985).
Dans le cadre de cette phase expérimentale, des actions ont déjà été entreprises :
A ce stade de perfectionnement, les pays du Maghreb pourraient jouer un rôle dynamique pour soutenir le projet et lui fournir l'assistance nécessaire afin qu'il se dresse comme un système d'information administrative à l'instar du programme UNISIST.
Par conséquent, il revient aux décideurs des institutions administratives maghrébines d'élaborer l'esquisse du travail qui vise à s'insérer dans les grandes lignes du projet ANAI ou à opter pour la création du réseau parallèle et complémentaire afin de se servir de ses réalisations.
La compatibilité ressort dans les deux cas comme élément fondamental pour réaliser cette perspective qui tient à être axée sur les points suivants :
Il est reconnu dans le domaine de l'information que la réussite de tout réseau et de toute chaîne documentaire et la flexibilité d'échange de données entre leurs diverses composantes, réside dans le degrés de concordance entre les appareils de la chaîne et l'adaptation mutuelle entre les systèmes utilisés par les différents terminaux pour le stockage, la récupération et la diffusion de l'information sur les normes qui garantissent la fidélité de communication et l'intégralité des données.
Donc, si l'on opte pour l'établissement d'une chaîne documentaire informatisée à partir de l'expérience du projet ANAI, ou si l'on a tendance à s'insérer comme composant de l'ANAI, ce dernier nous met devant le choix d'une infrastructure informatisée fort prometteuse.
Grâce à l'intervention du CRDI, le projet a bénéficié d'un équipement informatique "Hewlet Packard 3000".
Le choix du logiciel opérationnel sur la famille HP a été également conditionné par le choix de ce Hardware : le MINISIS. C'est un logiciel multilingue (Français, Anglais,Arabe, Espagnol) que le CRDI a initialement conditionné pour des affinités essentiellement documentaires. Son appartenance à la famille ISIS (Système Intégré d'Information Scientifique) l'a doté d'un ensemble de caractéristiques fort appréciées. Il offre au plus haut degré de magnitude les caractéristiques combinées des SGBD (Systèmes de Gestion des Bases de Données) et des systèmes de récupération des données.
L'une de ses qualités primordiales est sans doute sa capacité de créer et de gérer des bases de données sans aucune programmation rigoureuse. Sa structuration de recherche conçue sur une base algébrique booléenne permet un interface et une manipulation souple et dynamique.
Durant le deuxième rassemblement des utilisateurs arabes de MINISIS, organisé par l'ALDOC du 29 Sept. au 02 oct. 1987, une nouvelle conception du logiciel a été proposée de façon à permettre son fonctionnement sur des ordinateurs de genre multiples. Durant le onzième congrès international des utilisateurs de ce logiciel, organisé à Pékin entre le 8 et le 13 Octobre 1989 a été annoncée la mise en point de la version H dont une copie expérimentale "Release H.O 40" serait utilisée au début 1991 (Arisnet, 1989). L'avantage de cette version est son exploitation sur toute la famille HP y compris SPECTRUM. L'innovation par excellence serait sans doute son exploitation sur micro IBM PC et compatibles.
On a d'ailleurs même pensé à créer le lien conversationnel entre le MINISIS, dans sa version Mini, et certains logiciels opérant sur micro comme le CDS/ISIS (Computerized Documentation Service/Integrated set of Information System) afin de faciliter l'inter-échange des données entre le plus grand nombre de partenaires.
Toutes ces caractéristiques ont favorisé une vaste implantation de ces systèmes dans des centres et des organismes nationaux et internationaux.
Selon des statistiques présentées par l'ALDOC, distributeur agrée du MINISIS et du CDS/ISIS dans le monde arabe, l'emploi du MINISIS est implanté dans 230 centres de documentation internationaux dont 35 sont arabes, 19 Maghrébins (Aldoc, 1987).
Donc, d'ores et déjà, le choix pour un équipement informatique pour notre projet maghrébin se trouve orienté par l'entourage documentaire. D'ailleurs la question de l'informatisation des institutions administratives maghrébines s'est orientée dans ce sens. Le CMERA traite déjà un projet d'installation d'un HP 3000 doté d'un MINISIS avec assistance technique de l'ALDOC.
L'Ecole Nationale d'Administration de Tunis est également intéressée par un équipement IBM PC compatible pour ses besoins documentaires. Son choix du logiciel a été également orienté vers le CDS/ISIS qui n'aurait pas à entraver le processus de compatibilité au sein de la chaîne. Certes, le CDS/ISIS est un programme de stockage et de récupération des données conçu par l'UNESCO et opérationnel sur des micro des familles AT, XT (IBM PC). Il a été structuré pour être essentiellement utilisé dans le domaine des bibliothèques et des centres de documentation sans pour autant être négligé dans d'autres genres d'activité vue la souplesse de sa programmation et son adaptation aux besoins multiples de gestion (Chaudhuny, 1988).
Avec l'accroissement des utilisateurs du MINISIS et la divulgation rapide du CDS/ISIS, l'ALDOC a eu l'initiative d'établir un protocole de connexion entre les deux programmes de façon à permettre une communication à double sens. Cette opération s'effectue par le transfert de fichiers du MINI vers le MICRO. C'est l'opération appelée charge descendentale "Down loading". Le sens inverse serait l'opération du chargement ascendental "UPLOADING". Les deux opérations effectuées selon les normes ISO 2709 et ASMO 668 permettent les avantages suivants
Favoriser la connexion en ligne entre mini et micro-ordinateurs en dehors d'un même réseau.
Réduire temps, coût et taux de duplication de consultation et d'analyse de données.
Nous entendons dire par la conformité superstructurelle, une adoption sinon une concordance avec les manuels de travail documentaire crées par l'ANAI. Nous restons persuadés que l'expérience de l'ANAI dans ce sens laisse voir un effort et une maturité en état de perfectionnement continu. Outre le fait qu'il parvint à tracer une politique complexe et structurée pour couvrir un thème et une zone géographique dont il a l'exclusivité, ses créations scientifiques et techniques laissent supposer qu'il peut le cas d'un choix définitif former un canal par l'intermédiaire duquel se concrétiserait l'autodétermination d'un projet documentaire maghrébin en sciences administratives. Cela n'empêche que, comme l'ont fait remarquer certains responsables des institutions administratives maghrébines, cette alternative ne dispense absolument pas l'ANAI d'ajuster certaines de ses activités techniques pour répondre aux exigences de la nature et des conjonctures matérielles et humaines des dites institutions. Ce souci s'explique effectivement par le fait que si une divergence radicale existe entre les différents systèmes de travail documentaire, aucune de ces institutions n'aurait la capacité et les moyens de consacrer un personnel particulier ou un calendrier déterminé pour l'exécution des taches techniques nécessitées par le projet ANAI.
Il résulte donc important que le parallélisme ou la compatibilité infrasructurelle explicités dans le chapitre précédent soient accompagnés d'une analogie superstructurelle sous forme d'un ensemble de manuels de travail dont le rôle est d'harmoniser le travail technique entre les points focaux des pays maghrébins ainsi qu'à l'égard du projet ANAI lui même. Une vision profonde dans le palmarès du projet nous met devant un ensemble de créations scientifiques et techniques qui accréditent la fiabilité du système et la rationalité de sa structuration.
L'objectif de l'ANAI pour la création d'un réseau entièrement automatisé a été structuré selon les modules ou unités fondamentales suivantes :
Les actions menées dans le cadre de la concrétisation de ces unités pratiques a permis la mise en point d'un ensemble d'outils de travail dont deux daignent d'être étudiés comme modèle pour un prototype maghrébin : le thesaurus et le bordereau de saisie pour la constitution de la base de données.
"Le bordereau de saisie est une fiche bibliographique comportant des zones spécifiques destinées à l'enregistrement d'information ou de données spécifiques relatives à une unité documentaire dans le cadre de sections prévues à cet effet." (Manuel, 1985).
Dans la structuration du bordereau de l'ANAI et par prévoyance des exigences de compatibilité et de coopération extra réseau, il a fallu tenir compte des modèles utilisés par d'autres systèmes.
Le choix de l'ANAI s'est alors orienté vers le concept et la méthodologie DEVSIS. Des adaptations ont été ensuite apportées à la structuration du bordereau pour satisfaire aux exigences propres du projet.
Guidé par le même soucis de compatibilité et d'une coopération plus vaste, l'adoption du choix de l'ANAI quant au bordereau de saisie pour le projet maghrébin reste claire, quelques adaptations tenant à être cependant apportées sur quelques zones pour répondre aux particularités propres aux pays du Maghreb.
L'apport ne saurait être que complémentaire dans la mesure ou la saisie des données serait structurée en fonction des concepts particuliers au Maghreb et complémentaires à l'Afrique . La période expérimentale a fait ressortir l'inadéquation du bordereau de saisi de l'ANAI avec la nature de l'analyse documentaire poursuivie au niveau des points focaux. Cet obstacle technique aurait moins d'implication si une sensibilisation plus intense aurait été faite auprès des points focaux pour structurer leurs bases de données nouvellement conçues de façon à garantir l'uniformité de traitement. Il est logique de considérer dans ce sens les rapports entre services rendus et services reçus que revendiqueraient les participants.
Un thesaurus comme le précise la définition de l'UNESCO "est un ensemble de termes dynamiques reliés et contrôlés par ordre sémantique ou générique et couvrant un domaine spécifique de connaissance". (Manuel, 1985).
Le thesaurus reste indéniablement l'outillage principal du stockage et de la récupération de l'information. L'usage du thesaurus au sein du CAFRAD a été polarisé sur des affinités multiples :
Le qualificatif de dynamisme utilisé par l'UNESCO pour le langage contrôlé du thesaurus a été clarifiée comme la nécessité de la mise à jour continue de cet outil de travail par une alimentation ininterrompue de nouveaux descripteurs ayant un nouveau champs sémantique dans le domaine ou par la modification des descripteurs déjà existants en fonction de la conformité contenant-contenu.
Le rôle des pays maghrébins dans cette perspective est de contribuer par une mise à jours minutieuse du thesaurus du CAFRAD et de l'enrichir par des descripteurs qui répondent dans leurs spécificités plus particulières à leur besoin d'information en sciences administratives (Cafrad, 1983). Les répercussions de cette adaptation et de son usage serait l'un des piliers de l'échange de l'information administrative à échelles maghrébine et africaine.
Il est reconnu dans ce domaine que plus les instruments d'indexation sont structurés, détaillés et mis à jours, plus la rentabilité des services de références est efficace.
Les thesaurus par leur définition scientifique permettent l'analyse intellectuelle des documents. Ils permettent la reconversion du langage naturel des documents vers un langage contrôlé. Ce contrôle étant une unification des descripteurs et des mots clés de recherche, son implémentation uniforme par les membres d'un groupement documentaire élimine les obstacles qui souvent engendrent des silences et des bruits d'information.
Donc de prime abord, un accord préalable pour engendrer un instrument de travail commun est à mettre comme condition irréfutable de laquelle dépendra la réussite ou l'échec de cette alternative de coopération.
En bref, les recommandations que l'on pourrait mettre en exergue pour la concrétisation d'un projet de cette dimension pourrait être tracées comme suit :
Tout, néanmoins, reste inéluctablement tributaire de la volonté et de la détermination des protagonistes impliqués tant au niveau national que régional, pour s'ériger comme partenaire de valeur et interlocuteur de taille dans l'acheminement vers l'autodétermination et l'autosuffisance en moyens et ressources d'information.
REFERENCES