Métadonnées, le nerf vital des systèmes d’information

Les métadonnées élargissent considérablement le potentiel des systèmes d’information numériques sous l’impulsion d’efforts constants de la recherche-action. La nature des schémas et profils d’application des métadonnées ne cesse de s’améliorer pour répondre aux besoins de plus en plus complexes de la recherche. En éducation, les métadonnées acquièrent une valeur pédagogique particulière notamment dans la construction de systèmes éducatifs intégrés et interopérables et la définition d’offres de formation compétitives et de qualité.

L’interopérabilité des données sur les systèmes d’information numériques est assurée, entre autres, par une convergence entre les schémas et les profils d’application des métadonnées. Le principe est hérité des systèmes classiques d’information et de communication qui fonctionnent en mode papier comme les bibliothèques et les centres de documentation. Grace à des modes de description des ressources selon des référentiels internationaux communs – comme l’ISBD pour la description des ressources bibliographiques ou l’Unimarc pour l’échange de l’information bibliographique informatisée – les bibliothèques continuent encore à échanger leurs références et catalogues bibliographiques de façon homogène et transparente.

Dans le monde du numérique, plusieurs formats communs ont été produits pour faciliter l’échange et la mutualisation des ressources entre des systèmes de gestion de bases de données hétérogènes (i.e. CCF). Les formats MARC comme la norme ISO 2709 ou encore le protocole Z3950 sont autant d’exemples de solutions qui traduisent l’effort d’une recherche permanente de convergence et de synergie entre les méthodes de traitement et de gestion des données.

Rappelons brièvement que la norme internationale ISO 2709 spécifie les exigences pour un format spécialisé qui peut contenir tous types de notices bibliographiques. Cette norme ne définit pas le contenu des enregistrements (notices bibliographiques) ou les significations attribuées aux étiquettes et aux champs. Elle définit pltôt une structure générale, un cadre spécialement conçu pour les communications entre les systèmes de traitement de données et non leur utilisation dans les systèmes d’information. Rappelons aussi que Z39.50 définit une méthode standard pour que deux ordinateurs puissent communiquer ensemble en vue de récupérer de l’information. Z39.50 rend plus facile l’utilisation de grandes bases de données en standardisant les procédures et les fonctions pour la recherche et la récupération des données. Plus précisément, la norme Z39.50 permet la récupération de l’information dans un environnement distribué client/serveur très hétérogène. Elle permet à des systèmes informatiques très différents (différences de systèmes d’exploitation, de matériel, de moteurs de recherche, de systèmes de gestion de base de données, etc.) d’interagir et de travailler ensemble de façon transparente.

Avec l’Internet et le texte numérique intégral, de nouvelles normes mieux adaptées sont venues gérer et maîtriser la masse colossale de données numériques mises en ligne. Dublin Core est sans doute la référence internationale qui a acquis le plus large consensus pour harmoniser les différents modes de description de ressources numériques sur Internet. Avec ses 15 champs de métadonnées (format minimaliste), il procure aux systèmes d’information un degré de conformité et de cohérence très utile à l’échange, la recherche et la mutualisation. Dublin Core a été retenu comme noyau de base à plusieurs modèles de schémas de métadonnées spécialisés dans les secteurs de la santé (ISO 13119_IS-RCC-M), de l’agriculture (AgMES), des finances (OAIS), de l’éducation (LOM), des archives (EAD), etc.

Dublin Core reste cependant un format générique et les secteurs spécialisés ont souvent besoin de détails de description qui vont au-delà de ce que ce schéma leur. Plusieurs schémas de métadonnées spécifiques ont été produites pour combler cette carence : METS (Metadata Encoding and Transmission Standard), MODS (Metadata Object Description Schema), EAD et EAD schéma (Encoded Archival Description), RKMS (Recordkeeping Metadata Schema), PRISM (Publishing Requirements for Industry Standard Metadata), LOM (IEEE – Learning Object Metadata), ISAD(G) (General International Standard Archival Description), etc. Tous ces schémas se fondent sur un noyau commun généralement inspiré du Dublin Core qu’ils élargissent vers des éléments de description propres à leurs spécificités.

Le domaine de l’e-Learning est l’un des secteurs d’activités à avoir ressenti rapidement le besoin d’harmoniser ses méthodes de description de ressources pédagogiques et d’offres de formation. Des schémas référents comme le LOM (Learning Object Metadata) pour les ressources pédagogiques ou le CDM (Course Description Metadata) pour les offres de formation, constituent l’ossature de base pour des profils d’applications nationaux et régionaux. En France, le profil Lom.fr (adapté de la version canonique du IEEE 1484.12.1-2002 LOM) a lui-même donné lieu à deux profils d’application, l’un pour les universités (SUpLom.fr) et l’autre pour l’enseignement secondaire (ScoLom.fr). Le profil d’application CDM.fr est lui-aussi une version adaptée au contexte français du schéma générique CDM (Course Description Meatdata). Le CDM, initialement défini par le Norvège en 2001, a été retenu comme une initiative européenne pour la normalisation de la description des offres de formation des établissements d’enseignement supérieur.

A l’ère de la « full-connexion » et de l’e-learning distribué, notamment avec le développement exponentiel des Moocs, les besoins du domaine de l’éducation en référentiels d’interopérabilité se sont intensifiées. Au sein du SC36 (Sous-comité 36 du Comité Joint entre l’ISO et la CEI), un groupe de travail spécifique (Working Group 4) s’est chargé de définir une nouvelle norme internationale qui intègre le LOM tout en améliorant la nature de description des ressources pédagogiques. Cette norme, plus connue par son acronyme MLR (Metadata for Learning Resources) est en train de se substituer au LOM pour devenir LA référence internationale de description des ressources pédagogiques. Constituée de 11 partie (jusqu’à cette date), le MLR

Le MLR n’est pas prévu pour créer la rupture avec les acquis du LOM. Des solutions intermédiaires de conversion du LOM vers le MLR sont déjà en cours de construction. Au Canada, par exemple, le GTN Québec travaille sur une version révisée du profil d’application NORMETIC 2.0 (version 0.7.5) afin de fournir une première version d’un outil permettant de transformer une fiche LOM en un enregistrement MLR. Le WG4 du SC36 travaille d’arrache pied sur cet aspect et lui réserve toute la partie 11 de la norme MLR [ISO/IEC 19788-11 : Technologies de l’information — Apprentissage, éducation et formation — Métadonnées pour ressources d’apprentissage — Partie 11: Migration du LOM au MLR] qui fournit des orientations sous forme de règles et heuristiques pour la conversion d’une fiche 1484.12.1-2002 (LOM) IEEE à un ensemble d’éléments de données MLR.

Bef, un nouveau cycle d’évolution dans le champ des métadonnées pédagogiques vient de commencer.

Courtoisie : Gilbert Paquette, « Des ressources éducatives libres aux MOOC : Défis et orientations »

 

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